Daniel Buren “Excentrique(s), travail in situ” Monumenta 2012

22 mai

C’est la cinquième édition de l’évènement « Monumenta » au Grand Palais. Cette année, l’artiste français Daniel Buren investit la gigantesque nef du Grand Palais (13500 m2 et 45 m de hauteur).

Daniel Buren est connu des Parisiens pour avoir réalisé en 1986 ce qu’on appelle « Les colonnes de Buren ». Dans la cour d’honneur  du Palais-Royal, des colonnes de marbre aux rayures blanches et noires s’invitent dans le paysage, le public pouvant les investir librement (par public, j’entends « les enfants » qui se réjouissent enfin d’avoir l’autorisation d’escalader partout !).

« Excentrique(s), travail in situ » propose au visiteur de se promener dans une forêt de cercles de différentes tailles et couleurs. Au centre,  des « cercles-miroirs » sont disposés, permettant au visiteur de marcher dessus, et d’apprécier de manière ludique le volume du lieu. La lumière, élément essentiel dans cette exposition, passe à travers chaque cercle coloré. L’œuvre permet au visiteur d’apprécier la structure même de l’édifice et sa couleur vert réséda immuable : Daniel Buren révèle le côté monumental de la nef du Grand Palais. Si la démarche est intéressante, il sera difficile de nous ôter de l’esprit la réalisation d’Anish Kapoor l’année dernière, “Léviathan”, qui rencontra un vif succès (près de 280.000 visiteurs !).

Daniel Buren Monumenta 2012, jusqu’au 21 juin 2012

Excentrique(s) Travail in situ

Grand Palais

Avenue du Général Eisenhower

75008 Paris

Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 19h, le lundi et le mercredi, de 10h à minuit, du jeudi au dimanche

www.monumenta.com

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Marilyn, éternelle…

13 mai
Andy Warhol, Marilyn Monroe, 1967 Artwork is © 1987 - 2011 The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts

Andy Warhol, Marilyn Monroe, 1967 Artwork is ©
1987 – 2011 The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts

A l’aube du 50ème anniversaire de la disparition de Marilyn Monroe, la galerie Taglialatella présente des œuvres d’artistes inspirés par l’actrice culte.

Quand on pense à Marilyn, c’est Andy Warhol qui nous vient à l’esprit, comme si la star de cinéma et l’artiste étaient indissociables, tant cette sérigraphie déclinée en couleurs vives  a participé à leur renommée.  Si la galerie est spécialisée dans le Pop-Art, ce qui m’a davantage intéressée dans cet hommage, ce sont les photographies de Lawrence Schiller et Russel Young.

En 1962, le jeune photographe Lawrence Schiller (né en 1936 à New York) est engagé par Paris match pour réaliser une série de photographies de la star sur le tournage d’un film qui sera maudit : Something’s got to give, de George Cukor. Il y a des scènes dans une piscine, Marilyn porte un maillot de bain couleur chair mais…elle décide de l’enlever.

Marilyn (Color 2 Frame 29), Lawrence Schiller @ All images are
copyright protected

Marilyn (Color 3 Frame 6), Lawrence Schiller @ All images are copyright protected

Marilyn (Color 3 Frame 6), Lawrence Schiller @ All images are copyright protected

C’est une véritable chance de voir cette série de photos originales parce qu’elle nous permet d’entrer dans l’intimité de la blonde   ; au-delà de la nudité, c’est l’âme de Marilyn qui est exposée. Comment peut-on représenter  la féminité par excellence et néanmoins afficher ce regard de petite fille perdue ? C’est ce paradoxe qui  fait de Marilyn un mythe. Seulement quatre mois après cette séance devenue légendaire, elle disparaissait dans des circonstances qui demeureront à jamais mystérieuses.

Marilyn (Roll 2 Frame 2), Lawrence Schiller @ All images are
copyright protected

Russel Young (né en 1959 en Angleterre),  artiste obsédé par l’Amérique, dont la vie ressemble à un roman, est devenu célèbre en photographiant…des célébrités ( Björk, Morrissey, Paul Newman, Diana Ross etc). Aujourd’hui, il est l’un des artistes contemporains les plus recherchés, Angelina Jolie et Brad Pitt collectionnent ses œuvres, tout comme un certain…Barack Obama !

Marilyn in Korea, Russell Young @ All images are
copyright protected

En 1954, celle qui disait  « Je ne serais satisfaite que lorsque les gens apprécieront m’entendre chanter sans me regarder » se laisse convaincre de rendre visite aux soldats américains en Corée du Sud pour leur remonter le moral. Russell Young en fera une sérigraphie intitulée « Marilyn in Korea ». La blonde paraît bien petite au milieu des soldats,  ravis d’entendre la jolie voix du sex-symbol.  La sérigraphie « Marilyn Desire » nous offre un magnifique portrait de la  belle qui brille… grâce à la poussière d’or utilisée par l’artiste. A voir absolument !

Marilyn Desire, Russell Young @ All images are copyright protected

Marilyn Desire, Russell Young @ All images are copyright protected

Merci à Nadège Buffe, fondatrice et directrice de la galerie Taglialatella

Marilyn

Jusqu’au 30 juin 2012

Galerie Taglialatella

Ramos-Indiana-Warhol-Mr Brainwash-Schiller

10 rue de Picardie

3ème

Ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h

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Comment j’ai arrêté de fumer grâce à un chat

7 mai

Avant, j’étais fumeuse. Je me voyais mourir une cigarette à la main. Parce qu’elle faisait partie intégrante de ma personnalité, pensais-je. Moi qui fuis la routine,  je fumais tous les jours, au moins un paquet de blondes, toujours la même marque, comme un rituel.

Je fumais ma première cigarette peu après avoir ouvert un œil, à jeun, sans avoir bu un quelconque verre d’eau (de toute façon, je ne prenais jamais de petit-déjeuner non plus), et je fumais ma dernière cigarette juste avant de me mettre au lit.

Chaque matin, je regardais combien de cigarettes il me restait dans mon paquet, pour savoir si c’était suffisant ou non, pour savoir si je devais passer par le débit de tabac avant d’aller travailler. Lorsqu’il m’arrivait de me retrouver sans ma précieuse drogue à un moment où il était impossible d’en racheter, je paniquais. Il m’est même arrivé de pleurer de désespoir.

Mes cheveux puaient le tabac, mes doigts puaient le tabac, mes rideaux puaient le tabac, mon haleine puait le tabac, mais je m’en foutais puisque tout le monde fumait autour de moi !

J’adorais les terrasses, été comme hiver. Fumer sur des trottoirs exigus devant les cafés de mon quartier me semblait tout à fait acceptable et même, convivial.

Je trouvais rabat-joie tous ceux qui m’empêchaient de fumer en paix, particulièrement les mères de famille. Je pensais « C’est toi qui n’a pas à emmener ton enfant ici, connasse ».

Ma plus grande peur c’était ces gens qui ne fument pas mais qui décident malgré tout de faire des fêtes chez eux. Interdiction de fumer. Une aberration ! Comment peut-on faire la fête sans fumer ? J’ai profondément détesté ces gens. La plupart du temps, je m’arrangeais pour ne pas être de la partie.

Et il y avait ces gens qui se permettaient de me dire que je ferais mieux d’arrêter de fumer pour ma santé,  ceux-là je pense que j’aurais pu les brûler vifs si j’en avais eu l’occasion. Je détestais par-dessus tout qu’on me fasse la morale. Je disais toujours « Je ne bois pas de café, je ne suis pas alcoolique, j’estime que je peux continuer à fumer, c’est mon seul vice ».

Je crois pouvoir dire que j’étais fière d’être une fumeuse. A cause de l’âge d’or d’Hollywood, les femmes fatales et leur porte-cigarettes au bout des lèvres , James Dean dans la Fureur de vivre ou  Rita Hayworth dans Gilda…Fumer c’est raffiné, fumer, c’est sexy ! (et tant pis si on en meurt !)

Pour moi, les non fumeurs étaient des êtres anormaux, pas finis, qui manquaient furieusement de curiosité. Il m’arrivait de soupçonner un homme qui ne fumait pas d’être inintéressant et mauvais au lit. Les femmes qui n’avaient jamais commencé à fumer étaient des ovnis, je ne croyais pas vraiment en leur existence. Quand il m’arrivait d’en croiser une, je lui expliquais le bonheur d’être fumeuse et osais lui dire « Tu ne sais vraiment pas ce que tu rates » (sous-entendu, « Tu es une ratée, connasse »). Globalement, je voyais les non-fumeurs comme des gens chiants.

Et puis mon amie d’enfance est venue passer quelques jours chez moi. Elle était enceinte de 7 mois et demi. Je me suis conditionnée à ne pas fumer pendant son séjour mais elle m’a dit que la fumée ne la dérangeait pas. Pour cause : elle n’avait pas arrêté de fumer ! Elle fumait encore 5 cigarettes par jour parce que « le médecin a dit qu’il vaut mieux ça que d’être stressée et de stresser l’enfant ». J’avais trouvé ça assez pourri comme argument. C’est la première fois que  j’ai ouvert les yeux sur la dépendance. Je refusais l’idée d’attendre un enfant et de continuer à fumer, je ne voulais pas me trouver de fausses excuses. J’ai pensé « Un jour, si je veux un enfant, j’arrêterai de fumer bien avant ». Mais je ne voulais pas d’enfant, j’étais tranquille !

Et puis un jour j’ai adopté un animal, un chat, en l’occurrence. Voici sa photo :

Il s’avère que c’est grâce à ce chat que j’ai arrêté de fumer. Le chat détestait la cigarette, il se mettait à tousser et trembler de tout son petit corps. J’avais beau ouvrir la fenêtre, le chat continuait à tousser et à fermer les yeux à cause de la fumée qui envahissait l’espace. Il paraît que c’est rare, les chats qui ne supportent pas la cigarette. Par chance, je suis tombée sur l’un d’eux.

Le chat m’a fait ouvrir les yeux. J’étais complètement dépendante de la cigarette qui dirigeait mon existence. Ma journée typique ressemblait à ça : « Combien de cigarettes me reste-t-il ? », « Il y a un tabac là où on va ? », «  On peut fumer à la soirée de Machine ? », «  J’ai plus de clopes, t’en aurais une pour moi ? », «  Non, désolée, je n’ai plus de cigarettes ! », «  Où est mon foutu briquet ??? », «Il me manque 65 cts pour m’acheter mes clopes, tu les as ? », «  Quoi ? On ne peut pas prendre de pause cigarette dans cette boîte ? Mais j’ai besoin d’une pause, là ! », « Merde, j’ai oublié mon paquet à la maison, attends-moi j’arrive ! », « Et merde, j’ai fumé tout mon paquet, faut que je retourne au tabac… ».

Je me suis préparée à arrêter de fumer, psychologiquement. Je me suis dit que ce ne serait vraiment pas grave si je prenais un peu de poids. Dans la foulée, je me suis inscrite au sport, pensant que j’aurais besoin de me défouler pour supporter cette épreuve. J’ai choisi une date pour ma dernière cigarette. Je l’ai fumée, elle n’était même pas agréable, dans ma tête, j’étais déjà une non fumeuse.

Le livre d’Allen Carr, La méthode simple pour en finir avec la cigarette m’a conforté dans ma décision. La méthode « bourrage de crâne » est efficace lorsqu’on est déjà convaincu. C’est vrai, n’importe qui peut arrêter de fumer, il suffit de le décider. Bien sûr, il m’arrive d’avoir envie de fumer, mais je ne pense jamais à le faire. Je sais que j’ai écrasé ma dernière cigarette il y a plus de trois mois.  C’est la meilleure décision que j’ai prise de toute mon existence.

Merci mon chat ♥

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Qui sera le prochain président de la République ?

14 avr

Je crois que le seul moyen de commencer ce billet est de faire une confession. Mon oncle est astrologue. Pendant des années, à chaque fois que quelqu’un me disait son signe astrologique, je pensais ce qu’on m’avait appris à penser. Poissons ? Intello à tendance alcoolique, fidélité non garantie mais…romantique. Sagittaire ? Toujours partant pour  faire la fête, dynamique, fantasque, mais…un tantinet hypocrite. Taureau ? Curieux, veut toujours avoir le dernier mot, meilleur amant du zodiaque, mais…tendance à la mièvrerie.  Il n’y avait pas que l’astrologie, j’ai aussi fait la connaissance des runes, du yi-king,  des lettres hébraïques ; j’ai acheté un livre qui me promettait de m’expliquer comment interpréter les tarots, bref, je voulais connaître mon avenir. Dès qu’une question existentielle me torturait (« Est-ce-que Machin va me rappeler ? », « Peut-on dire que Machin est amoureux de moi ? »), je sortais l’art divinatoire correspondant à mon humeur et dix minutes plus tard, je recommençais le même cérémonial puisque je n’avais pas été satisfaite de la réponse.

Il m’est arrivé de consulter des voyantes. L’une d’elles m’a dit que jamais je n’aurai d’enfant, que je rencontrerai un homme qui en a déjà. Une autre m’a dit que j’aurai des jumeaux avec un homme brun plus âgé que moi. Bien entendu, on m’a promis que je gagnerai beaucoup, beaucoup d’argent et qu’il faudra faire très attention à le gérer moi-même car on « risquerait de [me] spolier ». La réalité n’a rien à voir avec toutes les prédictions que l’on a pu me faire, que ce soit avec une boule de cristal, dans les cartes ou le marc de café. J’ai la chance de ne plus être désespérée, je n’ai plus besoin de ces conneries !

Aujourd’hui, j’ai compris que mon oncle était un charlatan, tout comme plus de 99% des astrologues et autres voyants. Comme j’ai hâte de connaître le nom du prochain président, j’ai décidé de patienter avec la lecture d’articles concernant les prédictions des «stars de la voyance ». Je reconnais une vertu à l’astrologie : celle de me faire rire. Voici ce que j’ai appris.

Une certaine Elvyre Talfer (les voyants ont toujours besoin de se faire remarquer en s’inventant des noms improbables) annonce une réélection de Sarkozy. Nuance tout de même, elle avait prédit, tout comme l’illustre Elisabeth Teissier, une « excellente année 2011 » à DSK. Oups.

Patricia Lasserre, “medium/astrologue/tarologue”, annonce quant à elle que Hollande l’emportera à la première manche, mais c’est Sarkozy qui sera victorieux au second tour.

Channel Kristina annonce que Marine Le Pen sera face à Nicolas Sarkozy au second tour, mais c’est ce dernier qui remportera l’élection.

François Lambert, “voyant-astrologue-numérologue”,  indique que « Malgré la hargne de certaines personnes, Nicolas Sarkozy sera réélu de justesse ». Claude Alexis annonce la même chose. Nuance, encore une fois, car malgré l’annonce du cancer de Jean-Luc Delarue, Monsieur Alexis  lui prédit « […]la fin de la descente aux enfers. Bonjour le renouveau ! » (sic)

Claude Alexis, voyant medium très médiatisé, dixit son site internet

Christine Haas, astrologue officielle de TV magazine, voit l’actuel président « réélu » en 2012, d’une « courte tête ».

Vous l’aurez compris, la grande majorité des astrologues annoncent la réélection de Sarkozy. Monsieur Olivier se démarque de ses confrères en prédisant la victoire de François Hollande. Selon lui, Marine Le Pen sera présente lors du second tour face à François Hollande, qui remportera l’élection, donc, et choisira une femme comme premier ministre….

Lequel de ces professionnels de l’occulte aura vu juste ? Résultat de l’élection présidentielle le 6 mai…Pour les impatients, les premières estimations fiables seront données en fin d’après-midi par les médias Belges, relayés par les réseaux sociaux.

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Helmut Newton au Grand Palais

8 avr
Publicité pour Walter Steiger, Montecarlo, 1983 ©HelmutNewton

Publicité pour Walter Steiger, Montecarlo, 1983 ©HelmutNewton

La première rétrospective en France du travail d’Helmut Newton ne pouvait avoir lieu qu’à Paris, le photographe y a beaucoup travaillé, notamment pour notre Vogue national. C’est dans les magazines de mode que j’ai découvert ses photos, sans savoir à l’époque quelles étaient de lui.  A quoi reconnait-on une photo de M. Newton ? C’est souvent un cliché en noir et blanc où l’on voit une femme dans une pose érotique, c’est un cliché presque dérangeant, parce que la femme est masculine, musclée, forte. Même à quatre pattes, c’est elle qui domine !

Helmut Newton Saddle I, Paris 1976 ©HelmutNewton

Helmut Newton Saddle I, Paris 1976 ©HelmutNewton

« Une bonne photographie de mode doit ressembler à tout sauf à une photographie de mode. A un portrait, à une photo souvenir, à un cliché de paparazzi », disait Helmut Newton. C’est probablement cette vision qui lui permettra de révolutionner la photo de mode dans les années 60.

Vogue, Londres, 1967 © Helmut Newton

Vogue, Londres, 1967 © Helmut Newton

La femme est le sujet de prédilection de Newton, qui rappelons-le, n’a travaillé que sur commande, en majorité pour la presse féminine (Elle, Playboy, Vogue). Les hommes, rares dans le travail du photographe, ne sont que des objets de décoration, existants pour sublimer la femme. On a pu penser que l’artiste était macho, lui qui est considéré comme le créateur du porno-chic, il me semble qu’il était plutôt féministe…

Calendrier Pentax, Saint-Tropez, 1975 ©HelmutNewton

Calendrier Pentax, Saint-Tropez, 1975 ©HelmutNewton

Helmut Newton choisira de quitter l’Allemagne nazie a 18 ans pour Singapour puis l’Australie où il rencontrera sa future épouse, June, venue poser pour lui. L’exposition présente près de 200 tirages sélectionnés par celle qui partagera sa vie pendant plus de 50ans. Malgré le nombre de clichés présentés, on pourra regretter un manque de cohérence à cette rétrospective. Le Grand Palais est un lieu  prestigieux mais il aurait peut-être fallu accorder encore plus de place à l’œuvre de M. Newton. Il y a peu d’explications sur le travail de l’artiste, de plus, certains tirages sont regroupés en trop grand nombre, certains sont exposés en hauteur,  difficile de les apprécier à moins de mesurer plus d’1m80…

Big Nude III: Henrietta, 1980 ©HelmutNewton

Big Nude III: Henrietta, 1980 ©HelmutNewton

La salle présentant les Big Nudes est de loin la plus agréable. Les Grands Nus, commencés en 1980, lui ont été inspirés par des photos d’identité judiciaire de terroristes réalisées par la police allemande. Les femmes nues, juchées sur des talons aiguilles, défient le regard du spectateur. Le diptyque Sie kommen (« Elles arrivent ») représente quatre femmes de type working girl, habillées puis déshabillées. Saisissant.

Sie Kommen, Vogue France, 1981 © Helmut Newton

Sie Kommen, Vogue France, 1981 © Helmut Newton

Parmi les modèles célèbres du photographe, on trouvera des princesses (Stéphanie et Caroline de Monaco), beaucoup d’actrices (Isabelle Huppert, Monica Bellucci, Catherine Deneuve), des créateurs (Karl Lagerfeld, Yves saint-laurent). La photo de Charlotte Rampling est troublante, quelle actrice accepterait de poser ainsi aujourd’hui ?

Charlotte Rampling at the Hotel Nord Pinus II, Arles, 1973 ©HelmutNewton

Charlotte Rampling at the Hotel Nord Pinus II, Arles, 1973 ©HelmutNewton

En 2004, à l’âge de 83 ans, Helmut Newton nous quittait façon “Hollywood”. En sortant de sa résidence, le Château Marmont, culte et scandaleux, sa Cadillac percuta le mur d’en face. Une fin aussi glamour que les clichés qu’il prendra toute sa vie…

Vogue Paris, 1969 ©HelmutNewton

Vogue Paris, 1969 ©HelmutNewton

Helmut Newton

Grand Palais, galerie Sud-Est

3 Avenue du Général Eisenhower

75008 Paris

www.grandpalais.fr

Jusqu’au 17 juin 2012 : Tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 22h. Fermé le 1er mai (ouverture les mardis 17 et 24 avril)

Plein tarif : 11 euros

Tarif réduit : 8 euros
(13-25 ans, demandeur d’emploi, famille nombreuse)

Gratuit pour les moins de 13 ans bénéficiaires du RSA et du minimum vieillesse.

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Top 5 des pires jobs d’été

2 avr

En général, le mois d’avril correspond à un stimulus chez «  le jeune » : il se met à chercher un job d’été. L’objectif est de travailler un mois pour pouvoir partir en vacances le mois suivant. A vrai dire, s’y prendre au mois d’avril…c’est presque déjà trop tard. Et quand il est trop tard, on n’a plus le choix, on est obligé d’accepter de faire n’importe quoi. Pour ma part, mon rêve était modeste : faire la cueillette de fraises en Angleterre avec les copines mais faute d’envoyer un CV en anglais (trop la flemme), je me suis  retrouvée à faire les pires jobs.  Voici mon Top 5 des jobs d’été à refuser au moment même où on vous les proposera. J’ai entendu dire que le pire des jobs était celui d’équipier dans un fast-food, j’ai eu la chance de ne jamais en arriver là…Mais je n’ai pas fait beaucoup mieux…à vous d’en juger !

1/ Nettoyer des sièges d’avion au Kärcher® (si, si, c’est un métier !)


L’intitulé exact du poste est « Agent de nettoyage industriel ».  J’avais accepté de tenter l’expérience parce qu’on avait voulu de moi malgré mon CV vierge . J’avais cru qu’il s’agissait de nettoyer l’avion, l’intérieur de l’avion.  J’avoue avoir pensé que ce serait formidable si des passagers avaient laissé des petits cadeaux : portefeuilles rempli de billets, cartouches de cigarettes ou plus modestement, Voici ou Elle.

La réalité fut tout autre. Dans la zone de Roissy-Charles de Gaulle, en plein no man’s land, un hangar démesuré, pas d’avion mais des rangées de sièges dont les housses sont extrêmement sales. Armée d’un Kärcher® propulsant un produit nocif, sublimée par une combinaison résistante et des lunettes spécifiques, me voici en train d’exterminer taches en tous genres et autres chewing-gums récalcitrants. J’ai tenu exactement 3 heures,  profitant de la pause déjeuner pour m’enfuir. J’ai eu l’impression que ma peau sentait le détergeant pendant plusieurs jours après…

2/Travailler à l’usine dans l’agro-alimentaire

A l’agence d’intérim on m’avait demandé si ça me gênait de travailler en horaires décalés. J’avais besoin d’argent alors j’ai dit « non ». Puis on m’avait demandé si ça m’ennuyait de travailler dans une chambre froide. Je ne savais pas de combien de degrés en dessous de zéro on parlait, j’ai encore dit « non ». Premier jour, réveil en pleine nuit, à 3h30. J’arrive là-bas, j’apprends que la chambre froide est à -25° et qu’il me faudra porter une magnifique combinaison blanche ainsi que…tada ! une charlotte sur la tête. Mon travail consistera à mettre des tomates sur des milliers de plateaux-repas qui défilent sur des tapis roulants. Je suis « Mademoiselle Tomate », ma collègue est « Mademoiselle Riz », chacun son rôle. J’ai le sentiment d’être un automate. Les jours suivants je ferais des sandwichs, les fameux sandwichs insipides auxquels on a droit lorsqu’on s’envole en classe éco. Depuis ces  3 horribles jours, jamais je n’ai mangé de sandwichs dans l’avion. Parce que j’ai vu des collègues faire tomber du fromage par terre puis l’insérer, hilares, entre deux tranches de pain caoutchouteux.

3/Faire du télémarketing dans un call center

Il y a une hiérarchie dans le télémarketing. Le pire, c’est  la défiscalisation. Ou appeler des gens pour leur parler d’argent.  Alors qu’ils détestent ça, les gens. « Etes-vous le chef de famille, Monsieur ? » Bien sûr que monsieur est le chef de famille, il adore qu’on le lui rappelle (très intelligent cette petite phrase d’accroche, je dois l’admettre). Il n’y a que le chef de famille qui peut décider de combien il pourrait économiser s’il acceptait de rencontrer un commercial qui, tiens ! C’est étrange, passe justement dans sa région la semaine prochaine ! Il pourrait vous expliquer comment cela fonctionne, mais oui monsieur, cela n’engage à rien.

Je n’ai jamais compris comment certains de mes collègues pouvaient véritablement gagner leur vie avec un tel job. Parce qu’il y a un fixe (le SMIC) et des primes, qui  peuvent être intéressantes lorsqu’on est quelqu’un qui ment avec un naturel désarmant. Ce qui ne fut pas mon cas, on l’aura compris. 10 jours dans un call center = 10 jours en Enfer. A moins d’aimer la sueur, le bruit, la lumière blanche des néons qui donnent la migraine, et les « superviseurs » de 22 ans (incompétents) qui adorent donner des ordres en hurlant.

4/ Faire du (faux) sexe au téléphone à domicile

Il y a un moment où on rêve tous de travailler de chez soi. Taper « travail à domicile » dans un moteur de recherche n’apporte malheureusement que de fausses bonnes idées.

En creusant un peu on tombe sur des annonces de sociétés obscures proposant des postes d’animatrices de téléphone rose. Il n’y a absolument aucune sélection, il faut simplement être capable d’avoir un peu d’imagination et n’avoir aucun tabou…

L’objectif est simple : rester le plus longtemps possible au téléphone avec le pigeon (oups, l’homme) qui appelle. Premier constat : les hommes qui appellent ne sont pas tous vieux, loin de là. Beaucoup d’entre eux sont jeunes et en couple. Ils appellent le service parce qu’ils ont une vie sexuelle qui ne les satisfait pas ou parce que leur copine n’est pas là et qu’ils s’ennuient…Pour varier les plaisirs, on vous conseille de multiplier les « comptes animatrices », il faudra créer des annonces vocales alléchantes en prenant une voix d’hôtesse de l’air-salope.  Il n’y a qu’une règle dans le choix des prénoms : c’est mieux s’il finit par un « A ». Deborah, Samantha, Jessica, Sabrina, peu importe, on vend du rêve,  grande et blonde à forte poitrine, petite et bien en chair, rousse et androgyne, tous les genres sont appréciés. Bon,  en général, le client voudra que la fille ressemble à ça :

Tahiti Cora, élue "plus belles fesses du monde"

Rapidement, tu te rendras à l’évidence, si tu veux gagner de l’argent, tu dois rester cloîtrée chez toi. Finies les après-midi ciné, adieu les potes qui passent à l’improviste (à moins d’accepter d’imiter des râles de plaisir devant eux) ; même faire caca pourra devenir compliqué si tu n’as pas de téléphone sans fil ! Tu n’es pas la seule sur le réseau, la concurrence est rude ! Quand tu n’as pas d’appels, tu peux chatter avec les autres filles et tu apprends que l’une d’entre elles fait participer son mari lorsque le client est d’accord, d’autres sont étudiantes ou  jeunes mamans. Au début, c’est amusant parce que c’est nouveau, on se rend compte que c’est facile de faire semblant, que le client rentre dans notre jeu.  Mais ça devient pathétique quand il  rappelle tous les jours, convaincu que tu vis dans la même ville que lui et que vous pourrez vous rencontrer « en réel ». Et tu tomberas dans le glauque lorsqu’un client te demandera de lui fourrer divers légumes à forme phallique dans l’anus (y’a pas tant de légumes que ça, en fait, on fait vite le tour !). Il faut vraiment détester les hommes pour être capable d’exploiter leur solitude pour quelques euros….Encore un échec pour moi !

5/ Distribuer des prospectus

Campagne de prospectus pour la WWF

Campagne de prospectus pour la WWF

Posté au même endroit pendant des heures, dans la rue, par tous les temps, l’objectif est d’entrer en contact avec les badauds qui passent devant toi. Timides, s’abstenir ! (pour ma part, j’ai tenu 1 heure et je suis rentrée chez moi sans demander mon reste). Tu tenteras de leur donner des prospectus pour la nouvelle soirée « Boum Boum Booty Ragga Dance Hall 2012 » mais ils t’ignorent et tu te retrouves avec la main en l’air. Si tu es une femme et que tu affiches ton plus beau sourire, tu auras plus de chance. Mais les passants acceptent de te soulager de ton bout de papier uniquement par pitié ! Et voir de la pitié dans un regard inconnu, ce n’est pas très plaisant. Lorsque tu fais la promotion du nouveau chewing-gum « génération Y, goût mystérieux », tu auras plus de succès parce que les gens adorent tout ce qui  est gratuit. Dans certains cas tu seras obligé de te déguiser, ce qui est bien plus avantageux qu’on pourrait le croire. Caché sous ton déguisement, personne de ton entourage ne pourra te reconnaître et tu éviteras ainsi une honte propre à tout distributeur de prospectus. De plus, si tu as quelques kilos à perdre, sache que le déguisement fait « effet sudation », après une journée tu auras perdu autant que si tu avais fait un match de tennis !

 

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Bob Dylan : L’explosion rock 61-66

25 mar

"Bob Dylan with Peter Yarrow & John Hammond Jr., New York, 1965" © Daniel Kramer

Il y a quelques années, j’avais rencontré des pseudo baby-rockers qui ne juraient que par Bob Dylan. Je ne l’avais jamais écouté. Rien que le nom déjà, « Bob Dylan », ça sonne comme une blague. Et le folk, ça m’emmerde autant que le jazz, c’est dire ! Mon père m’avait dit « Le seul album vraiment intéressant c’est « Highway 61 revisited », je te le prête si tu veux ». Contre toute attente, je dois avouer que j’aime beaucoup cet album. C’est ce qui m’a poussé à m’intéresser de plus près au personnage en me rendant à l’exposition qui se tient actuellement à la Cité de la Musique : « Bob Dylan : l’explosion rock 61-66 ».

"Bob Dylan playing chess, 1964" © Daniel Kramer

L’exposition revient sur les 5 premières années de la carrière monumentale de Bob Dylan,  pendant lesquelles il écrira 7 albums qui feront de lui une star internationale. Des objets ayant appartenu à l’artiste tels que sa guitare acoustique Martin, des manuscrits de chansons, mais aussi des photos du jeune Bob en famille ou dans l’annuaire de son lycée sont présentées. Des extraits de documentaires également, dont l’excellent « Don’t look back » et ses scènes mythiques : on voit le manager de Dylan, Albert Grossman, recevoir copieusement un employé de l’hôtel venu réclamer le silence sous peine de les expulser de l’établissement..

Au delà de Bob Dylan, l’exposition évoque l’histoire de la musique américaine pendant les années 60, les racines du folk, les messages protestataires dans une époque où sévit la guerre du Vietnam… jusqu’à l’apparition du  folk rock, initié par Dylan. A mon sens, les photos de lui, qui font le cœur de l’exposition, représentent à elles seules l’intérêt de se rendre à la Cité de la Musique (qui se trouve « Porte de pantin », rappelons-le).

"Bob and Sara Dylan at Shack, 1965" © Daniel Kramer

Daniel Kramer, photographe ayant fait ses classes auprès de Diane Arbus, suivra Dylan pendant près de deux ans et réalisera, notamment, la pochette de l’album « Highway 61 revisited ». 60 clichés sont présentés : la silhouette légendaire de Dylan, le regard profond et mystérieux, le cheveu hirsute, dans sa vie quotidienne : en studio, dans les coulisses, à l’hôtel,  avec ses amis ou sa femme de l’époque, Sara. La naissance d’une légende se fait sous nos yeux.

Pochette de l'album "Highway 61 revisited", 1965 © Daniel Kramer

La seconde partie de l’exposition nous apprend que Bob Dylan a côtoyé Johnny Hallyday, Françoise Hardy et Hugues Aufray lorsqu’il a vécu chez ce dernier à Paris en 1964. On y trouve des coupures de presse et des photos nous rappelant les rapports houleux entre l’artiste et la France. La retranscription de la conférence de presse que Dylan a donnée en 1966 est hilarante. A la question « Quels sont vos plaisirs dans la vie ? », il répond : « Fumer et manger ». Puis on lui demande « Qu’est-ce-que vous fumez ? » et il répond « N’importe quoi ». A questions connes, réponses connes…

Bob Dylan, l’explosion rock 61-66, du 6 Mars au 15 Juillet 2012

"Bob Dylan and Johnny Cash backstage, 1965" © Daniel Kramer

Cité de la Musique

221 avenue Jean Jaurès

75019 Paris

www.citedelamusique.fr

Mardi-samedi : 12h-18h

Dimanche : 10h-18h

Nocturne le vendredi et le samedi jusqu’à 22h

! Ami chômeur, sache que cette exposition ne sera pas gratuite pour toi, la gratuité est réservée aux handicapés.

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