Du miam miam pour ma poubelle

Un choc des cultures prometteur

Qu’elles se terminent bien ou non, j’aime lire des histoires d’amour. Surtout sur la plage, en août (c’est bien là que je l’ai lu). C’est ce qui m’a porté vers ce roman, « Pas son genre », de Philippe Vilain.

Un professeur de philosophie se retrouve affecté à Arras, il n’est pas ravi à l’idée de quitter Paris jusqu’à ce qu’il fasse la connaissance de Jennifer, jolie coiffeuse du salon qu’il fréquente.

Un premier chapitre qui donne envie

Dès le premier chapitre, l’auteur évoque la difficulté du narrateur à faire des choix en amour : il vit des histoires sans jamais s’engager. Les femmes sont un passe-temps. Il les pratique comme d’autres le tennis ou l’équitation. Pour autant, ce n’est pas un Don Juan, il est timide et peu sûr de lui ; en fait elles représentent un remède à l’ennui, à la morosité.

Après ce chapitre qui pose un constat, le lecteur a envie de connaître la suite de l’histoire ; que va donner la rencontre improbable entre ce prof de philo forcément un peu intello et cette coiffeuse forcément un peu ringarde ? On s’attend à un choc des cultures, à rire, à vrai dire on s’attend à tout…sauf à ce qui arrive, c’est-à-dire : rien !

Non seulement il ne se passe rien mais il faut, au fil des pages, survivre au style de l’auteur qui est aussi prétentieux que son héros masculin : des phrases fleuves ponctuées de dialogues invraisemblables ( page 67 –On ne peut jamais discuter sérieusement avec toi, tu finis toujours par tout tourner en dérision ! On dirait que rien ne t’intéresse ! – Tu te trompes, allons !).

L’éloge du néant

Pire, cette histoire n’est même pas ce que l’on croît au départ, c’est-à-dire une histoire d’amour. Sommes-nous condamnés à choisir des partenaires de notre milieu social ? Est-il possible de former un couple avec quelqu’un qui a une autre culture que la nôtre ? L’amour est-il un choix ? Tant de questions auxquelles nous n’aurons aucune réponse. Certes l’auteur tente de nous surprendre en faisant disparaître Jennifer qui, lassée d’un amant incapable d’engagement, changera de vie ; mais les ficelles sont trop grosses et la fin tout simplement insupportable. A savoir une phrase de 55 lignes (si, si, c’est possible !) indigestes qui se termine par « (…) je m’avisai de l’absurdité de notre rapport ». Autrement dit 186 pages pour parvenir à l’éloge du néant.

Philippe Vilain nous propose donc une non-histoire d’amour, un « rapport » entre deux êtres caricaturés au possible : d’un côté l’homme moderne qui n’ose pas s’engager de peur de perdre sa liberté, le Parisien qui éprouve de la pitié pour son amante et le reste de la France, de l’autre la gentille coiffeuse du Nord sans ambition qui lit « Voici » et porte des décolletés trop profonds. « Pas son genre » ? Pas le mien non plus…

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