Je vais t’apprendre la politesse, p’tit con !

« Vieillir, c’est se rappeler son enfance » (Thomas Bernhard)

En ce moment je suis nostalgique. C’est le privilège des gens qui vieillissent. Je ne suis pas grabataire, loin de là, mais je suis considérée comme adulte depuis quelques années maintenant, que je le veuille ou non…

Je repense à ma joie  lorsque je regardais des dessins-animés tels que Albator, l’homme de ma vie, dark et mystérieux, ou Goldorak, le plus fort ! Je repense aux vêtements que je portais adolescente, ce chemisier en soie trop cher , «Maman, tu comprends pas, c’est un investissement pour la vie ce chemisier » que je n’ai porté que deux fois parce que ce rose criard c’était moche…Je repense à la coiffure que je portais en 1ère, deux tresses hautes de chaque côté du crâne qui m’avaient valu le sobriquet de « Chun Li », le « maquillage qui fait peur » très à la mode, rouge à lèvres couleur sang, ongles peints en noir, et comment mettre de l’eye-liner sans déborder , les week-ends à la Loco pour écouter de la cold wave, la crainte que le méchant videur nous recale parce qu’on n’a pas du tout 18 ans,  les gilets trop élimés et trop longs puis la mort de Kurt Cobain.

En route pour le Jardin des Plantes !

Dans un relent de nostalgie, donc, je décide d’emmener un ami venu passer quelques jours à Paris à la Grande Galerie de l’Evolution située au Jardin des Plantes. C’est un lieu que j’affectionne particulièrement parce qu’il me rappelle, on l’aura deviné,  mon enfance, et qu’il n’a pas beaucoup changé depuis. J’ai adoré jouer au Jardin des Plantes, j’ai aimé les Grandes serres et la Ménagerie mais dans mon souvenir rien ne vaut la Grande Galerie de l’Evolution. Un lieu aux proportions gigantesques (6000m2) qui met en scène la diversité du vivant et son évolution, ou l’occasion de voir des animaux empaillés ! J’ai toujours adoré les animaux empaillés, on peut enfin les approcher sans craindre une morsure, voire une mort violente. Arrivés devant l’entrée de la Grande Galerie, stupeur : il y a beaucoup de monde, il faut faire la queue, pire : il n’y a pas beaucoup de monde, il y a plus spécifiquement des ENFANTS partout. Des enfants qui crient, qui font leurs malins, qui refusent d’attendre, qui pleurent, des enfants, quoi. Je me souviens que nous sommes en période de vacances scolaires, tout s’explique.

A l’intérieur, il est précisé que « Les animaux exposés sont fragiles : s’il-vous-plaît, ne les touchez pas ! ». Conseil non respecté puisque beaucoup d’animaux ont un pelage moins fourni à certains endroits, en effet, les enfants touchent les animaux comme s’ils étaient vivants sous le regard enamouré de leurs formidables parents. J’ai presque envie de leur expliquer qu’ils caressent un animal mort depuis longtemps mais je garde ma langue dans ma poche, bien décidée à éviter un conflit avec un parent qui me dira de me mêler de ce qui me regarde (et il aurait raison !). Au moment où je pense que se trouver ici avec tous ces enfants impolis réconforterait une femme stérile, mon ami me dit « Il faudrait vraiment éduquer les parents ». Il a raison, ces pauvres enfants n’y sont pour rien.

Je vais t’apprendre la politesse, p’tit con !

Cette histoire d’éduquer les parents m’a fait penser à un excellent programme que je regardais quand j’étais adolescente. La Cinquième (oui, la chaîne de télévision décédée)  proposait une courte leçon de savoir-vivre, adaptée du livre de Jean-Louis Fournier intitulé « Je vais t’apprendre la politesse, p’tit con ». On y voyait une Catherine Frot très en forme dans le rôle de la bourgeoise en Chanel et collier de perles, faire la leçon à une jeune pousse de racaille un peu naïve au prénom de Fehti. En début de chaque leçon, Catherine Frot annonçait « Alors, parce que je t’aime bien, petit con, je vais t’apprendre la politesse » et le Candide moderne s’insurgeait « Pourquoi petit con ? » et elle répondait « C’est affectueux ». C’était complètement décalé, irrévérencieux et drôle.  Des questions déterminantes telles que « A-t-on le droit de dire « ta gueule » à une cigale ? » ou « Peut-on dire « à vos souhaits » à quelqu’un qui a pété ? » étaient posées. On apprenait que « La politesse est le seul luxe à s’offrir quand on est fauché » ou que « On doit toujours dire merci (…). Un jour on en a marre de remercier la terre entière, alors on dit merde. Ça s’appelle l’adolescence. ».

Malheureusement il est impossible de trouver ce programme sur youtube ou dailymotion, il n’est pas en vente en DVD non plus, du moins pas à ma connaissance. Je sais qu’à l’époque il y a eu un vrai engouement pour ce programme et je suis très étonnée de ne pas pouvoir le retrouver. Néanmoins le livre reste disponible en Poche pour quelques euros . C’est déjà une bonne nouvelle !

http://www.amazon.fr/vais-tapprendre-politesse-Jean-Louis-Fournier/dp/2702488722/ref=tmm_ppb_title_0

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Un commentaire sur “Je vais t’apprendre la politesse, p’tit con !

  1. isso isso dit :

    je suis également à le recherche de ce programme télévisé que je regardais durant mon adolescence…et Catherine Frot était géniale. Impossible malheureusement de le retrouver même après des jours de recherche. sniff sniff!

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