Attention : œuvres électrifiées à la Maison Rouge !

Quand j’ai appris que la Maison Rouge organisait une exposition sur le thème du « néon », je me suis demandé si ce tube fluorescent méritait un traitement si prestigieux (c’est la première exposition mondiale sur le sujet, paraît-il).  J’avais zappé l’expo sur François Morellet à Beaubourg l’année dernière alors que j’avais une invitation…c’est dire mon intérêt pour le néon. L’exposition s’intitule « Who’s afraid of red, yellow and blue ? », j’y suis allée parce que je suis curieuse de nature et toujours enthousiaste à l’idée de me rendre à une exposition à pied !

Les œuvres présentées sont impressionnantes, c’est un festival de couleurs qui, parfois, fait mal à la tête ! Moi qui pensais que le néon n’intéressait plus personne (on voit peu d’enseignes de magasins en néon de nos jours), je me rends compte qu’une fois encore j’étais à côté de la plaque puisque dans l’art contemporain, le néon est de retour depuis une dizaine d’années.  Des artistes venant de toutes parts le tordent, le manipulent dans tous les sens avec grande précaution : le néon, cocktail de gaz, verre et électricité, est fragile.

Le néon appelle à être autant vu que lu : il délivre des messages lumineux qui captivent notre regard. C’est le cas dans l’œuvre de Joseph Kosuth qui date de 1991, « Words are deeds »(Les mots sont des actes) ou encore dans celle de Claude Lévêque qui nous ordonne « Rêvez » (2008). Lorsque le néon est rouge, la menace semble imminente comme dans l’œuvre de Kendell Geers ;  selon que la première lettre est allumée ou éteinte, on lit le mot « TERROR » ou « ERROR ». La pièce de Stefan Brüggemann donne une instruction qui concerne sa propre disparition « This work should be turned off when I die » (Cette œuvre devra être éteinte lorsque je serai mort).

Effectivement, ces œuvres en néon nécessitent de l’électricité pour être « vivantes », l’œuvre de François Morellet, « Néon 0-90° avec rythmes d’éclairage interférents » nous le rappelle : c’est au spectateur d’appuyer sur la pédale au sol pour activer la lumière ! Le néon invite aussi à la poésie, l’artiste Laurent Pernot met la Lune en cage, on peut enfin l’attraper ou l’apprivoiser comme un petit oiseau !

L’œuvre que je préfère reste  « Chromosaturation » de Carlos Cruz-Diez, dans laquelle le spectateur peut évoluer à sa guise, passant d’un espace coloré à un autre, jouant à contempler sa peau sous les différents néons. Cette exposition est définitivement à visiter avec des enfants si vous en avez ou si vous n’en avez pas, une excellente occasion de soi-même retomber en enfance, ici courir partout semble tout à fait anodin et les vigiles vous laisseront prendre toutes les photos que vous voulez !

Pour finir, il y a une autre raison de se rendre à la Maison Rouge : la photo cabine à l’ancienne qui se trouve dans l’entrée. Pour la modique somme de 2 euros, vous avez 4 photos en noir et blanc différentes, comme au bon vieux temps ! On ne peut pas choisir ses prises, c’est la surprise la plus totale et c’est beaucoup plus rigolo ! www.fotoautomat.fr

Exposition « Néon. Who’s afraid of red, yellow and blue ? » jusqu’au 20 mai 2012.

La Maison Rouge

Fondation Antoine de Galbert

10 bd de la Bastille

75011 Paris

www.lamaisonrouge.org

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Un commentaire sur “Attention : œuvres électrifiées à la Maison Rouge !

  1. An' dit :

    J’aime beaucoup la Maison Rouge. Je vais voir ce qui s’y passe en ce moment, tiens.

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