Petit rappel : la femme dispose de son corps

Dernièrement, un collègue de  travail que je connais à peine  m’a demandé si j’avais des enfants. J’ai trouvé cette question assez impudique, pour tout vous dire. Si j’étais le genre de personne qui adore raconter sa vie, je comprendrais, mais ce n’est pas le cas. J’ai répondu que je n’en avais pas, parce que c’est la vérité : je n’ai pas d’enfants. Mon interlocuteur (un homme un peu lourd, il faut l’avouer) a cru bon me rassurer en disant «T’es jeune, t’en auras forcément, tu verras ! ». Puis il a ajouté « Tu sais, avoir un enfant, c’est ce qu’il y a de plus incroyable ».

Je me suis félicitée de ne pas être stérile. Parce que si j’étais stérile et que je rêvais d’avoir un enfant, ce discours m’aurait été insupportable. Et j’aurais peut-être même éclatée en sanglots…

Agacée, je lui ai dit « Désolée de t’imposer « la minute féministe » mais tu…penses qu’une femme est obligée d’avoir des enfants ? ».  Le pauvre s’est empêtré dans un charabia grotesque  qui indiquait qu’il n’avait jamais pensé qu’une femme pouvait ne pas vouloir d’enfants. Jamais !

Je suis fatiguée d’entendre des propos paternalistes au sujet du désir d’enfant. La femme est censée vouloir des enfants, parce que c’est son rôle, de procréer. Alors, je suis d’accord, effectivement, qu’on le veuille ou non, seules les femmes peuvent porter les enfants. Cela veut-il dire qu’une femme est obligée de ressentir le désir d’enfant ? Je ne crois pas.

Aujourd’hui, je ne pense pas être prête à avoir un enfant. Parfois, je pense que je ne serais jamais prête. Je n’ai jamais ressenti ce besoin. Quand j’étais ado, je disais que j’aimerais écrire des livres, je ne fantasmais pas sur les bébés. Quand je vois mes amies qui ont des enfants, je les plains. Elles n’ont jamais de temps pour elles, elles ne parlent plus que de leur progéniture, elles ne font plus attention à leur corps, elles deviennent des mères, exclusivement des mères. La femme s’en va le jour où elle devient maman. Il doit y avoir des exceptions, bien sûr ! Je n’en connais aucune… Je ne remets pas en cause le fait qu’être mère change tout ou que ce soit fabuleux. Je pense simplement qu’il faut en avoir envie, de ce bouleversement, de cette nouvelle vie.

J’ai déjà entendu « Tu comprends, je vais m’occuper de ma fille toute ma vie, je ne serais plus jamais seule », et ça m’a effrayée. Je n’aimerais pas faire un enfant pour combler une affection, un vide, une désillusion, ou pour prendre une revanche sur la vie. Je me sens bien dans ma peau, dans ma vie, j’ai cette chance. J’aimerais avoir un enfant parce que je le désire, parce qu’on l’a désiré ensemble, avec celui que j’aime, parce que je suis prête à accepter de m’occuper de son éducation, de lui donner de l’amour sans condition,  et enfin de le laisser voler de ses propres ailes.

Chaque femme mérite le respect, qu’elle soit mère ou non. Ne pas vouloir d’enfants n’est pas une tare. C’est un choix. Il s’agit de notre corps, nous disposons de ce corps, personne d’autre ne peut décider de ce que nous devons en faire. Même au XXIème  siècle, il existe encore des idiots qui pensent qu’une femme qui ne veut pas d’enfants n’est pas « normale », qu’elle n’a « pas de cœur » ou qu’elle devrait « voir un psy ». Une femme qui ose dire qu’elle ne souhaite pas avoir d’enfants est avant tout une femme courageuse, assez indépendante pour se moquer des commérages, une femme qui considère que réussir sa vie est une notion personnelle.

Je ne juge personne, ni les mères de famille nombreuses, ni les femmes sans enfants. Nous sommes toutes des femmes, nous devrions être capables de nous respecter et de nous comprendre. La solidarité est censée être une valeur féminine, personnellement je n’ai pas le sentiment qu’elle soit à la mode… Quand est-ce-qu’on s’aide ?

Un site pour celles qui ne souhaitent pas procréer :

http://childfree.moonfruit.fr/#/childfree/2672511

Le blog d’une maman débordée :

http://www.monblogdemaman.com/

Et un site très complet pour aider les jeunes mamans :

http://www.babyfrance.com/

Daniel Buren « Excentrique(s), travail in situ » Monumenta 2012

C’est la cinquième édition de l’évènement « Monumenta » au Grand Palais. Cette année, l’artiste français Daniel Buren investit la gigantesque nef du Grand Palais (13500 m2 et 45 m de hauteur).

Daniel Buren est connu des Parisiens pour avoir réalisé en 1986 ce qu’on appelle « Les colonnes de Buren ». Dans la cour d’honneur  du Palais-Royal, des colonnes de marbre aux rayures blanches et noires s’invitent dans le paysage, le public pouvant les investir librement (par public, j’entends « les enfants » qui se réjouissent enfin d’avoir l’autorisation d’escalader partout !).

« Excentrique(s), travail in situ » propose au visiteur de se promener dans une forêt de cercles de différentes tailles et couleurs. Au centre,  des « cercles-miroirs » sont disposés, permettant au visiteur de marcher dessus, et d’apprécier de manière ludique le volume du lieu. La lumière, élément essentiel dans cette exposition, passe à travers chaque cercle coloré. L’œuvre permet au visiteur d’apprécier la structure même de l’édifice et sa couleur vert réséda immuable : Daniel Buren révèle le côté monumental de la nef du Grand Palais. Si la démarche est intéressante, il sera difficile de nous ôter de l’esprit la réalisation d’Anish Kapoor l’année dernière, « Léviathan », qui rencontra un vif succès (près de 280.000 visiteurs !).

Daniel Buren Monumenta 2012, jusqu’au 21 juin 2012

Excentrique(s) Travail in situ

Grand Palais

Avenue du Général Eisenhower

75008 Paris

Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 19h, le lundi et le mercredi, de 10h à minuit, du jeudi au dimanche

www.monumenta.com

Marilyn, éternelle…

Andy Warhol, Marilyn Monroe, 1967 Artwork is © 1987 - 2011 The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts

Andy Warhol, Marilyn Monroe, 1967 Artwork is ©
1987 – 2011 The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts

A l’aube du 50ème anniversaire de la disparition de Marilyn Monroe, la galerie Taglialatella présente des œuvres d’artistes inspirés par l’actrice culte.

Quand on pense à Marilyn, c’est Andy Warhol qui nous vient à l’esprit, comme si la star de cinéma et l’artiste étaient indissociables, tant cette sérigraphie déclinée en couleurs vives  a participé à leur renommée.  Si la galerie est spécialisée dans le Pop-Art, ce qui m’a davantage intéressée dans cet hommage, ce sont les photographies de Lawrence Schiller et Russel Young.

En 1962, le jeune photographe Lawrence Schiller (né en 1936 à New York) est engagé par Paris match pour réaliser une série de photographies de la star sur le tournage d’un film qui sera maudit : Something’s got to give, de George Cukor. Il y a des scènes dans une piscine, Marilyn porte un maillot de bain couleur chair mais…elle décide de l’enlever.

Marilyn (Color 2 Frame 29), Lawrence Schiller @ All images are
copyright protected

Marilyn (Color 3 Frame 6), Lawrence Schiller @ All images are copyright protected

Marilyn (Color 3 Frame 6), Lawrence Schiller @ All images are copyright protected

C’est une véritable chance de voir cette série de photos originales parce qu’elle nous permet d’entrer dans l’intimité de la blonde   ; au-delà de la nudité, c’est l’âme de Marilyn qui est exposée. Comment peut-on représenter  la féminité par excellence et néanmoins afficher ce regard de petite fille perdue ? C’est ce paradoxe qui  fait de Marilyn un mythe. Seulement quatre mois après cette séance devenue légendaire, elle disparaissait dans des circonstances qui demeureront à jamais mystérieuses.

Marilyn (Roll 2 Frame 2), Lawrence Schiller @ All images are
copyright protected

Russel Young (né en 1959 en Angleterre),  artiste obsédé par l’Amérique, dont la vie ressemble à un roman, est devenu célèbre en photographiant…des célébrités ( Björk, Morrissey, Paul Newman, Diana Ross etc). Aujourd’hui, il est l’un des artistes contemporains les plus recherchés, Angelina Jolie et Brad Pitt collectionnent ses œuvres, tout comme un certain…Barack Obama !

Marilyn in Korea, Russell Young @ All images are
copyright protected

En 1954, celle qui disait  « Je ne serais satisfaite que lorsque les gens apprécieront m’entendre chanter sans me regarder » se laisse convaincre de rendre visite aux soldats américains en Corée du Sud pour leur remonter le moral. Russell Young en fera une sérigraphie intitulée « Marilyn in Korea ». La blonde paraît bien petite au milieu des soldats,  ravis d’entendre la jolie voix du sex-symbol.  La sérigraphie « Marilyn Desire » nous offre un magnifique portrait de la  belle qui brille… grâce à la poussière d’or utilisée par l’artiste. A voir absolument !

Marilyn Desire, Russell Young @ All images are copyright protected

Marilyn Desire, Russell Young @ All images are copyright protected

Merci à Nadège Buffe, fondatrice et directrice de la galerie Taglialatella

Marilyn

Jusqu’au 30 juin 2012

Galerie Taglialatella

Ramos-Indiana-Warhol-Mr Brainwash-Schiller

10 rue de Picardie

3ème

Ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h

Comment j’ai arrêté de fumer grâce à un chat

Avant, j’étais fumeuse. Je me voyais mourir une cigarette à la main. Parce qu’elle faisait partie intégrante de ma personnalité, pensais-je. Moi qui fuis la routine,  je fumais tous les jours, au moins un paquet de blondes, toujours la même marque, comme un rituel.

Je fumais ma première cigarette peu après avoir ouvert un œil, à jeun, sans avoir bu un quelconque verre d’eau (de toute façon, je ne prenais jamais de petit-déjeuner non plus), et je fumais ma dernière cigarette juste avant de me mettre au lit.

Chaque matin, je regardais combien de cigarettes il me restait dans mon paquet, pour savoir si c’était suffisant ou non, pour savoir si je devais passer par le débit de tabac avant d’aller travailler. Lorsqu’il m’arrivait de me retrouver sans ma précieuse drogue à un moment où il était impossible d’en racheter, je paniquais. Il m’est même arrivé de pleurer de désespoir.

Mes cheveux puaient le tabac, mes doigts puaient le tabac, mes rideaux puaient le tabac, mon haleine puait le tabac, mais je m’en foutais puisque tout le monde fumait autour de moi !

J’adorais les terrasses, été comme hiver. Fumer sur des trottoirs exigus devant les cafés de mon quartier me semblait tout à fait acceptable et même, convivial.

Je trouvais rabat-joie tous ceux qui m’empêchaient de fumer en paix, particulièrement les mères de famille. Je pensais « C’est toi qui n’a pas à emmener ton enfant ici, connasse ».

Ma plus grande peur c’était ces gens qui ne fument pas mais qui décident malgré tout de faire des fêtes chez eux. Interdiction de fumer. Une aberration ! Comment peut-on faire la fête sans fumer ? J’ai profondément détesté ces gens. La plupart du temps, je m’arrangeais pour ne pas être de la partie.

Et il y avait ces gens qui se permettaient de me dire que je ferais mieux d’arrêter de fumer pour ma santé,  ceux-là je pense que j’aurais pu les brûler vifs si j’en avais eu l’occasion. Je détestais par-dessus tout qu’on me fasse la morale. Je disais toujours « Je ne bois pas de café, je ne suis pas alcoolique, j’estime que je peux continuer à fumer, c’est mon seul vice ».

Je crois pouvoir dire que j’étais fière d’être une fumeuse. A cause de l’âge d’or d’Hollywood, les femmes fatales et leur porte-cigarettes au bout des lèvres , James Dean dans la Fureur de vivre ou  Rita Hayworth dans Gilda…Fumer c’est raffiné, fumer, c’est sexy ! (et tant pis si on en meurt !)

Pour moi, les non fumeurs étaient des êtres anormaux, pas finis, qui manquaient furieusement de curiosité. Il m’arrivait de soupçonner un homme qui ne fumait pas d’être inintéressant et mauvais au lit. Les femmes qui n’avaient jamais commencé à fumer étaient des ovnis, je ne croyais pas vraiment en leur existence. Quand il m’arrivait d’en croiser une, je lui expliquais le bonheur d’être fumeuse et osais lui dire « Tu ne sais vraiment pas ce que tu rates » (sous-entendu, « Tu es une ratée, connasse »). Globalement, je voyais les non-fumeurs comme des gens chiants.

Et puis mon amie d’enfance est venue passer quelques jours chez moi. Elle était enceinte de 7 mois et demi. Je me suis conditionnée à ne pas fumer pendant son séjour mais elle m’a dit que la fumée ne la dérangeait pas. Pour cause : elle n’avait pas arrêté de fumer ! Elle fumait encore 5 cigarettes par jour parce que « le médecin a dit qu’il vaut mieux ça que d’être stressée et de stresser l’enfant ». J’avais trouvé ça assez pourri comme argument. C’est la première fois que  j’ai ouvert les yeux sur la dépendance. Je refusais l’idée d’attendre un enfant et de continuer à fumer, je ne voulais pas me trouver de fausses excuses. J’ai pensé « Un jour, si je veux un enfant, j’arrêterai de fumer bien avant ». Mais je ne voulais pas d’enfant, j’étais tranquille !

Et puis un jour j’ai adopté un animal, un chat, en l’occurrence. Voici sa photo :

Il s’avère que c’est grâce à ce chat que j’ai arrêté de fumer. Le chat détestait la cigarette, il se mettait à tousser et trembler de tout son petit corps. J’avais beau ouvrir la fenêtre, le chat continuait à tousser et à fermer les yeux à cause de la fumée qui envahissait l’espace. Il paraît que c’est rare, les chats qui ne supportent pas la cigarette. Par chance, je suis tombée sur l’un d’eux.

Le chat m’a fait ouvrir les yeux. J’étais complètement dépendante de la cigarette qui dirigeait mon existence. Ma journée typique ressemblait à ça : « Combien de cigarettes me reste-t-il ? », « Il y a un tabac là où on va ? », «  On peut fumer à la soirée de Machine ? », «  J’ai plus de clopes, t’en aurais une pour moi ? », «  Non, désolée, je n’ai plus de cigarettes ! », «  Où est mon foutu briquet ??? », «Il me manque 65 cts pour m’acheter mes clopes, tu les as ? », «  Quoi ? On ne peut pas prendre de pause cigarette dans cette boîte ? Mais j’ai besoin d’une pause, là ! », « Merde, j’ai oublié mon paquet à la maison, attends-moi j’arrive ! », « Et merde, j’ai fumé tout mon paquet, faut que je retourne au tabac… ».

Je me suis préparée à arrêter de fumer, psychologiquement. Je me suis dit que ce ne serait vraiment pas grave si je prenais un peu de poids. Dans la foulée, je me suis inscrite au sport, pensant que j’aurais besoin de me défouler pour supporter cette épreuve. J’ai choisi une date pour ma dernière cigarette. Je l’ai fumée, elle n’était même pas agréable, dans ma tête, j’étais déjà une non fumeuse.

Le livre d’Allen Carr, La méthode simple pour en finir avec la cigarette m’a conforté dans ma décision. La méthode « bourrage de crâne » est efficace lorsqu’on est déjà convaincu. C’est vrai, n’importe qui peut arrêter de fumer, il suffit de le décider. Bien sûr, il m’arrive d’avoir envie de fumer, mais je ne pense jamais à le faire. Je sais que j’ai écrasé ma dernière cigarette il y a plus de trois mois.  C’est la meilleure décision que j’ai prise de toute mon existence.

Merci mon chat ♥

.