Je déteste le sport …et il me le rend bien

D’aussi loin que je m’en souvienne, je n’ai jamais aimé le sport. Les valeurs qu’il véhicule me font gerber. Le collectif, la compétition, l’endurance, l’effort…Pour quoi faire ? Pour gagner ? J’aime gagner mais au Scrabble et au Trivial Pursuit. Les vêtements en nylon, les chaussures à crampons, les cheveux attachés et la sueur ? Non merci.

Je ne me suis jamais entendue avec les filles qui aiment le sport. Je les vois comme des filles pas rigolotes, qui comptent les calories, qui ne prennent pas de plaisir, elles veulent juste être minces et musclées parce que « c’est bien » et sont prêtes à tout pour ça. Elles ont l’air en forme, la vie semble leur sourire. Pourtant elles n’ont pas de mec et le soir, elles pleurent en silence. Des connasses, quoi.

"Salut, j'aime le sport, je suis une connasse,hahaha"

« Salut, j’aime le sport, je suis une connasse,hahaha »

A Paris, le pire ce sont les filles qui font du vélo. Je les déteste. Elles se prennent pour qui sur leur Vélib ? Pour des sportives, peut-être ? Souvent, elles emmerdent les gens normaux qui marchent dans les rues parce qu’elles  ne savent pas en faire, justement, du vélo. Parisienne sur ton vélo, si tu as vraiment envie d’évasion, va ailleurs, en Bretagne, par exemple, là où il y a de la place…

Malheureusement, le sport est obligatoire à l’école. Je ne sais pas pourquoi mais il s’avère que les profs de sport sont souvent des goudous refoulées qui tenaient absolument à me voir donner « le meilleur de moi-même ». L’une d’entre elles m’a traumatisée en me demandant de remonter sur la poutre de laquelle j’étais tombée ( Les filles étaient obligées de faire de la gymnastique parce que « c’est féminin »). Après ce fâcheux épisode, mon objectif a été de me faire dispenser, chaque année, avec l’aide du Dr P. (je cache son nom pour des raisons que le lecteur comprendra) et la complicité de mes parents qui, ironie, ne sont pas sportifs non plus. J’ai eu beaucoup de difficultés à me faire dispenser de sport pour le bac, j’ai obtenu un minable 8/20 au saut en longueur et au ping-pong (première et dernière fois qu’on m’aura vu avec une raquette à la main).

Puis un jour j’ai appris que le sport pouvait devenir addictif. Ça m’a drôlement fascinée. Une drogue saine ?  Ecoutons le Dr Velea, psychiatre-addictologue : « La pratique excessive du sport apparaît comme une récente forme d’addiction sans drogue. Comme pour d’autres comportements addictifs on peut considérer que l’addiction sportive commence par des excès, par la recherche de sensation de plaisirs et  de désinhibition à travers la pratique sportive, qui va aboutir à l’installation d’un besoin irrépressible et dans certains cas des signes de sevrage. » Peut-être qu’un jour, je pourrais parader en annonçant mon addiction au sport à un entourage ébahi ? Je me doutais bien que ce jour n’arriverait jamais. J’ai décidé de faire du sport pour d’autres raisons. Ni pour l’adrénaline, ni pour m’amuser. Juste pour me tonifier, me muscler. J’ai essayé la gym suédoise, sorte d’aérobic du 21ème siècle, j’ai réussi à y aller 2 fois par semaine pendant 3 mois, un record. Ai-je subitement eu le corps de cette chanteuse ?

"Salut, je suis une bombe !"

« Salut, je suis une bombe ! »

Non. C’est ce qu’on oublie de nous dire…Faire du sport c’est bien mais pour  obtenir des résultats qui se voient, il faut en faire tous les jours. C’est ce qu’on appelle une « hygiène de vie ». Lors de ma seconde inscription à la gym suédoise (forfait de 3 mois), je n’y suis allée que 4 fois. Ensuite, j’ai décidé de faire de l’aquabike. Après avoir vu la photo ci-dessous, j’ai eu envie d’être ridicule, moi aussi, dans ma cabine individuelle et mes chaussures Made In Bosnia (véridique).Persuadée que les efforts seraient moindres dans l’eau, je pensais tenir le bon sport. J’avais faux. Malgré les efforts de ma coach (Aurélie, 20 ans, 0 gramme de cellulite au compteur), j’ai arrêté d’y aller aussi. Devant tant d’incapacité à tenir un engagement, j’ai pris la décision qui s’imposait…

"Salut, je suis ridicule et j'adore ça !"

« Salut, je suis ridicule et j’adore ça ! »

Je m’engage solennellement à arrêter  d’essayer de faire du sport.  Je n’aime pas ça. Est-ce-grave ? Non. Je préfère lire des livres, envoyer des tweets, jouer aux jeux vidéo, regarder des films américains des années 50, les séries qui parlent de tueurs en série ou de filles modernes qui vivent à New York, manger du chocolat (surtout pas Milka, Milka c’est de la merde) et écrire des billets sur ma haine du sport. Chacun son truc. Ah, et quand je vois ce que certaines deviennent…je me dis que c’est pas plus mal de ne pas aimer le sport…

Bien à vous.

"Salut, je suis une femme culturiste et je te fais peur"

« Salut, je suis une femme culturiste et je te fais peur »

P.S : Les boucles d’oreille…une merveille sur cette délicieuse créature !