Le jour où…tu ne veux plus voyager

Je ne pensais pas que ce jour viendrait. Le jour où je n’aurais plus envie de voyager. Moi qui annonce presque comme un trait de caractère ma passion pour les contrées lointaines, qui revendique le dépaysement comme une source d’inspiration, qui considère les aéroports comme autant de « Home Sweet Home ». J’ai assez voyagé, merci, j’en ai pris plein les yeux.

J’ai vu les Etats-Unis en long, en large et en travers. Le Grand Canyon et cette soudaine envie de se jeter dedans parce que je n’ai jamais rien vu d’aussi beau, l’Utah ses mormons et sa pierre rouge, cette impression presque dérangeante d’être sur une autre planète (Mars ?), Los Angeles la catin, San Francisco la hippie, New York la femme de ma vie, le Mississippi sous la canicule, Las Vegas, ses casinos et ses capotes pleines de foutre sur le strip le matin tôt. Austin, ses cow boys de pacotille et sa nourriture grasse, le Wyoming et Yellowstone, ses rangers et ses ours qui font un peu peur en vrai, le Treasure State, le Garden State, le Corn State. Le Mont Rushmore, complètement irréel, sorti de nulle part, les réserves indiennes, les hamburgers géants, les accents tellement prononcés qu’on ne comprend rien, les YMCA, l’aventure, la vraie.

Et Koh Samui et Koh Chang et Katmandou. Et Athènes et Madère et Birmingham et Amsterdam. Conakry et ses enfants qui travaillent au  soleil le sourire aux lèvres alors qu’ils pourraient être à l’école, les plages de sable fin en Guadeloupe et les poissons qui passent entre tes jambes dans l’eau limpide, l’Italie et ses glaces stracciatella, ses jolies filles et ses musées, Maurice et sa chaleur étouffante et ses cacahouètes grillées. L’Afrique du Sud…le parc Kruger et ce singe qui avait volé nos sandwichs pour les déguster tranquille dans son arbre, la promenade en barque sur le lac de Pokhara, moment inoubliable où j’ai failli pleurer (bon, j’ai vraiment pleuré en fait).

Tous ces gens, ces lieux, ces escales, ces trajets en avion. Ces jolis souvenirs qui me font penser que jamais je ne serais une vieille femme aigrie. Alors bien sûr j’ai toujours rêvé d’aller en Australie. Et aux Maldives. Mais je sais que je n’irai pas. Parce que c’est trop loin, parce que ça ne m’amuse plus autant qu’avant, partir loin de chez moi. Parce que c’est presque indécent d’avoir eu la chance de réaliser autant de rêves, parce que rien n’a jamais été impossible. Il faut peut-être en garder quelques-uns, des rêves ? J’imaginerai éternellement à quoi ça peut ressembler, l’Australie et les Maldives. Sans jamais savoir si ce que j’imagine correspond à la réalité. Et ce sera bien, aussi. Différent. L’aventure dans ma tête.

Comme c’est la fête des Mères, j’en profite pour te remercier. Merci maman de m’avoir donné le goût du voyage, grâce à toi je suis un peu une citoyenne du monde, je n’ai pas peur de mon prochain, je sais que je peux me perdre dans n’importe quel pays, je retrouverais mon chemin. J’ai des amis formidables un peu partout.  Et surtout…je sais la chance que j’ai d’être née ici, en France. Ça ne m’empêche pas de me plaindre mais ça me permet d’être une éternelle optimiste, de relativiser face aux petits problèmes que je peux rencontrer, parfois.

Maintenant je veux rester à la maison, avec la Dame de Fer, mon homme et mon chat 🙂

 Eiffel-Tour-France

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2 commentaires sur “Le jour où…tu ne veux plus voyager

  1. auroreinparis dit :

    Encore un bel article.
    Je suis le contraire de toi. Dans ma famille, on est pas habitués aux Voyages. Encore moins depuis ma naissance et celle de mon frère.
    Cette année, à 27 ans, j’ai fait mon 1er voyage hors d’Europe. Et ça m’a donné envie de continuer. Cet été Israel, j’espère ensuite l’Asie, puis de nouveau les Etats Unis pour voir le Grand Canyon, et s’il est aussi incroyable que tu le dis …
    Je suis à la fois une pauvre chose terrifiée par l’inconnu, et une curieuse de nature. Alors c’est dit, SF et NY c’était le 1er de mes voyages, j’espère qu’ils seront nombreux à suivre.

    • Je te souhaite de faire encore plein d’autres voyages, c’est la plus belle chose qui soit, être confrontée à d’autres cultures, rencontrer de nouvelles personnes avec une autre histoire. Et ça rend humble. Tout le monde devrait voyager !

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