Le jour où…c’est trop tard.

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Alors voilà, il y a quelqu’un dans ta vie qui ne partage même pas ton sang, c’est ta tante par alliance, et pourtant elle a toujours été là, bienveillante, aimante, disponible. Un peu folle, forcément, pas conventionnelle, mariée une fois, deux enfants de deux pères différents.  Libre. Féministe. Au sens noble du terme. Et tu t’embrouilles avec elle parce qu’elle est entière, comme toi. Elle s’est fait avoir plein de fois, elle aussi. Probablement plus que toi. Par des amies, par des hommes, par la vie. Vous avez un peu le cœur sur la main toutes les deux. Pas besoin d’avoir le même sang pour avoir des atomes crochus. Heureusement. Elle vient de perdre sa sœur. C’était plus qu’une simple sœur. Un peu comme une siamoise. Partie trop tôt, fauchée par un cancer de merde. Encore un. Et toi tu n’as pas vu à quel point elle était mal sans sa sœur. Tu as été profondément égoïste comme tu l’es depuis toujours. Tu as continué de penser à ta petite gueule de conne sans penser qu’elle, elle était en train de crever, ta tante par alliance, la mère de ton cousin. Le cousin que tu considères comme un frère. Tu as laissé cette embrouille devenir un fossé entre vous.

Et ce soir tu apprends qu’elle est morte. Qu’elle ne reviendra plus. Que tu ne pourras plus jamais lui parler, la toucher, la voir. C’est fini. This is the fucking end. Pardonne-moi, Isabelle. Je t’aimais vraiment beaucoup. Tu as fait beaucoup pour moi. Tu as fait beaucoup pour tes fils qui te pleurent.  Tu as été la mère qui a remplacé les deux parents pour tes fils. Parce que l’un a un père qui ne sait pas qu’il a un fils et l’autre un père absent. Un sacré connard, si tu veux mon avis. Mais toi tu le sais que c’est un sacré connard, Isabelle. Tu l’as épousé mon connard d’oncle. Tu sais.  Je vais prendre soin de tes fils. Je serai là pour eux. Sois en sûre. Comme le dit l’une de mes meilleures amies, je sais que « Our paths will cross again » alors je ne m’en fais pas.

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Le jour où…tu ne veux plus voyager

Je ne pensais pas que ce jour viendrait. Le jour où je n’aurais plus envie de voyager. Moi qui annonce presque comme un trait de caractère ma passion pour les contrées lointaines, qui revendique le dépaysement comme une source d’inspiration, qui considère les aéroports comme autant de « Home Sweet Home ». J’ai assez voyagé, merci, j’en ai pris plein les yeux.

J’ai vu les Etats-Unis en long, en large et en travers. Le Grand Canyon et cette soudaine envie de se jeter dedans parce que je n’ai jamais rien vu d’aussi beau, l’Utah ses mormons et sa pierre rouge, cette impression presque dérangeante d’être sur une autre planète (Mars ?), Los Angeles la catin, San Francisco la hippie, New York la femme de ma vie, le Mississippi sous la canicule, Las Vegas, ses casinos et ses capotes pleines de foutre sur le strip le matin tôt. Austin, ses cow boys de pacotille et sa nourriture grasse, le Wyoming et Yellowstone, ses rangers et ses ours qui font un peu peur en vrai, le Treasure State, le Garden State, le Corn State. Le Mont Rushmore, complètement irréel, sorti de nulle part, les réserves indiennes, les hamburgers géants, les accents tellement prononcés qu’on ne comprend rien, les YMCA, l’aventure, la vraie.

Et Koh Samui et Koh Chang et Katmandou. Et Athènes et Madère et Birmingham et Amsterdam. Conakry et ses enfants qui travaillent au  soleil le sourire aux lèvres alors qu’ils pourraient être à l’école, les plages de sable fin en Guadeloupe et les poissons qui passent entre tes jambes dans l’eau limpide, l’Italie et ses glaces stracciatella, ses jolies filles et ses musées, Maurice et sa chaleur étouffante et ses cacahouètes grillées. L’Afrique du Sud…le parc Kruger et ce singe qui avait volé nos sandwichs pour les déguster tranquille dans son arbre, la promenade en barque sur le lac de Pokhara, moment inoubliable où j’ai failli pleurer (bon, j’ai vraiment pleuré en fait).

Tous ces gens, ces lieux, ces escales, ces trajets en avion. Ces jolis souvenirs qui me font penser que jamais je ne serais une vieille femme aigrie. Alors bien sûr j’ai toujours rêvé d’aller en Australie. Et aux Maldives. Mais je sais que je n’irai pas. Parce que c’est trop loin, parce que ça ne m’amuse plus autant qu’avant, partir loin de chez moi. Parce que c’est presque indécent d’avoir eu la chance de réaliser autant de rêves, parce que rien n’a jamais été impossible. Il faut peut-être en garder quelques-uns, des rêves ? J’imaginerai éternellement à quoi ça peut ressembler, l’Australie et les Maldives. Sans jamais savoir si ce que j’imagine correspond à la réalité. Et ce sera bien, aussi. Différent. L’aventure dans ma tête.

Comme c’est la fête des Mères, j’en profite pour te remercier. Merci maman de m’avoir donné le goût du voyage, grâce à toi je suis un peu une citoyenne du monde, je n’ai pas peur de mon prochain, je sais que je peux me perdre dans n’importe quel pays, je retrouverais mon chemin. J’ai des amis formidables un peu partout.  Et surtout…je sais la chance que j’ai d’être née ici, en France. Ça ne m’empêche pas de me plaindre mais ça me permet d’être une éternelle optimiste, de relativiser face aux petits problèmes que je peux rencontrer, parfois.

Maintenant je veux rester à la maison, avec la Dame de Fer, mon homme et mon chat 🙂

 Eiffel-Tour-France

Le jour où…je me suis vengée (Mouahaha !)

Comme toute fille qui se respecte, j’ai eu moi aussi une période de ma jeune vie où je voulais sauver les hommes. C’est ce que j’appelle  la période Mère Térésa . Notre target ne s’est jamais remis de son ex ? Pas de problème, on réussira à lui faire oublier ! Il est alcoolique ?(fonctionne également avec « dépressif », « poète maudit », « chômeur longue durée », « impuissant » etc etc) Challenge accepted !

C’est ainsi que je me suis retrouvée en couple avec un alcoolique, appelons-le…Gérard (au hasard ). Pour vous donner un ordre d’idée du degré d’alcoolisme de Gérard, il faut vous donner des indications sur ses parents : ils étaient tous deux alcooliques. Ainsi que ses grands-parents, des deux côtés.  Quant à la sœur de Gérard qui était enceinte à l’époque (d’un mec qui avait tenté de tuer quelqu’un et se trouvait en prison), elle fumait des cigarettes qui font rire toute la journée et avait un goût très prononcé pour la bière. Bref, une joyeuse petite famille.

Voici le logo du groupe Magma. Je ne vois pas pourquoi vous dites que ça fait penser à une secte huhu.

Voici le logo du groupe Magma. Je ne vois pas pourquoi vous dites que ça fait penser à une secte huhu.

Cela faisait presque un an que je sortais avec Gérard, nous habitions à 300 mètres l’un de l’autre, ce qui était à la fois fort pratique et désespérant puisqu’il m’arrivait de le croiser ivre mort dans le quartier et de le ramener chez moi pour tenter de le faire dessaouler. Il m’a fait honte tant de fois que je n’ose même pas me remémorer ces souvenirs. Ce soir-là, il y avait un concert de Magma, groupe préféré de Gérard. Il faut savoir que Magma est bien plus qu’un groupe qui a inventé le style musical  la Zeuhl  et la langue Kobaïenne ;  pour ses fans, c’est une religion, ni plus ni moins. Le pauvre Gérard ne comprenait pas que je ne sois aucunement touchée par ce mélange de rock et de jazz assez brutal qui aurait fait une bande-son absolument parfaite pour A Serbian film qui est de loin le film le plus sordide que j’aie regardé de ma vie. Écouter Magma avec Gérard était un supplice non seulement parce que je ne supportais pas cette musique mais surtout parce que chaque morceau dure 28mn (j’exagère à peine). Bien évidemment, il ‘était hors de question pour moi de l’accompagner à cet évènement , l’idée était qu’après le concert, il viendrait chez moi.

2h du matin, aucune nouvelle dudit Gérard. Je décide de l’appeler sur son téléphone portable mais il ne répond pas, je ne laisse pas de message, pensant qu’il va me rappeler aussitôt qu’il le pourra. Plus les minutes passent, plus je m’inquiète parce que je sais que Gérard est tout à fait capable d’être à l’hôpital tout comme il pourrait être assis par terre en train de boire de la Villageoise avec les clodos du quartier.

4h du matin, j’ai appelé Gérard 10 fois, il n’a jamais décroché, j’ai laissé des messages mi- énervés mi- compatissants lui demandant de rappeler parce que je m’inquiète. Et c’est ce moment que monsieur choisit pour frapper à ma porte avec ce « toc toc toc » caractéristique du mec bourré de chez bourré. J’ouvre et je vois un Gérard ivre mort, tout rouge, une bouteille de je ne sais plus quel alcool à la main, qui m’embrasse alors que je tente de m’extirper de ses bras (Il pue). Il s’excuse platement, il avait oublié son téléphone portable, dit-il d’abord pour se dédouaner. Puis il me raconte le concert et cette fille qu’il a rencontrée.  Appelons-la Amandine. Comme Gérard, elle est absolument fan de Magma et ils ont jugé utile de poursuivre leur soirée chez ce bon vieux Gérard où ils ont continué à boire en parlant kobaïen.  C’est là qu’Amandine et lui ont eus (je cite) « un moment fort » en mettant leurs « paumes de mains l’une sur l’autre » et qu’ils ont « ressenti une chaleur intense » qui a fait qu’il n’a pas pu se décoller d’elle pendant les  4 heures suivantes !  Je coupe Gérard dans son récit digne d’un étudiant au Cours Florent pour lui demander de manière très pragmatique s’il a niqué, oui ou non, cette grosse pute d’Amandine. Je précise que Gérard n’était pas la fidélité incarnée, je dirais même qu’à chaque occasion qu’il avait d’être borderline, il la prenait. Je ne me souviens plus de sa réponse exacte parce qu’il parlait toujours pendant des heures et des heures mais en gros il avait fauté et tenait plus que tout à me raconter les détails tout en s’excusant. Je finis par entendre uniquement un sifflement, ce qui signifie chez moi que la limite a été atteinte,  puis dans une rage lucide, décidai de virer Gérard de chez moi en lui conseillant cette fois-ci de ne jamais revenir. Au cas où il n’aurait pas bien compris je lui dis que tout est fini entre nous et que ce serait pas mal qu’il envisage d’arrêter de boire.

Après son départ , je constate que ce con a oublié son téléphone portable dans ma chambre. Lorsqu’il revient 10 mn plus tard dans le but de le récupérer, je ne le laisse pas entrer et prétend que non, il n’a rien laissé chez moi. Je suis frustrée depuis près d’un an passé à être gentille et compréhensive et là tout de suite quand je vois son portable, j’ai envie de l’exterminer. Je regarde ses messages mais il a tout effacé, ce n’est pas intéressant. Le lendemain j’appelle mon pote Vincent (seul vrai prénom de cette histoire, « Bonjour Vincent ! »^^) et lui parle de mon désir de vengeance. Nous décidons que Gérard doit payer au sens propre. Nous appelons tous les services de téléphone rose que nous trouvons pendant toute une nuit (à 0,34 cts la minute, l’ardoise sera salée). Puis, une fois cette besogne accomplie, je décide, dans un accès de folie, de piétiner le téléphone portable, après avoir mis le feu à la carte sim. Puis je jette chaque élément du téléphone portable dans une poubelle différente du quartier, comme si j’avais découpé un corps dont je voudrais me débarrasser.

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Pendant des semaines, Gérard a cru être fou, il savait qu’il avait laissé son téléphone portable chez moi. A tel point qu’il avait osé aller voir mon père pour lui demander de me le rendre. J’ai dû mentir à mon père pour assouvir mon besoin de vengeance (je sais, c’est moche). Puis il a reçu sa facture d’un montant exorbitant, facture que son opérateur l’a forcé à payer car il n’avait pas fait de déclaration de perte à temps. Bien évidemment, il avait des soupçons mais je lui disais « Mon pauvre Gérard, pourquoi voudrais-tu que j’appelle des 08 ? Tu es devenu fou ! De la racaille a dû trouver ton téléphone et en profiter ! ». Il a fini par se résoudre à l’idée que c’était à cause de son alcoolisme qu’il avait dû perdre son téléphone portable. Que j’avais raison. Des mois plus tard, alors que je revoyais Gérard par le plus pur des hasards, je lui dis « Au fait, tu sais ton téléphone portable ? C’était moi ! » avec un sourire narquois aux lèvres.  Contre toute attente, il m’applaudit puis annonça gravement « Je pensais vraiment pas que t’étais méchante ».

Certes, je n’aurais jamais dû sortir avec un type aussi paumé et j’étais bien conne de penser que je pouvais, avec beaucoup d’abnégation, sauver ce petit  con. Certes, il faut être bien faible pour vouloir se venger. Certes, se venger, c’est moche. Mais je ne regrette absolument pas. Je recommande à chaque fille de faire la même chose, au moins une fois dans sa vie. Parce que c’est salvateur. Après, on comprend que si on en est arrivé là, si bas, c’est que les cons, il faut vraiment arrêter de sortir avec. Wink wink.

Le jour où…j’ai définitivement compris pourquoi les hommes ne rappellent pas

Il y a quelques années, j’ai rencontré Marie dans un TGV Paris-Toulouse. Nous nous sommes parlé instantanément comme deux personnes qui ont trop de points communs pour passer l’une à côté de l’autre. J’écoutais ses problèmes sentimentaux, familiaux, ses médicaments, ses problèmes avec la nourriture, surtout. Ce corps dans lequel elle se sentait si mal. Ce corps qu’elle voulait faire disparaitre parce qu’il la gênait. Pourtant Marie n’était pas grosse du tout. Elle avait 18 ans mais semblait plus âgée. 18 ans et déjà un air si grave, une fragilité et une détresse qui se traduisent par un regard tout le temps absent, cette façon de ne jamais te regarder quand elle te parle, d’être au bord des larmes, à deux doigts de faire une connerie, aussi. Elle ne le savait pas mais elle était vraiment belle, Marie. Les cheveux longs bruns, les yeux très bleus, la peau exagérément blanche, elle ressemblait à une héroïne tragique. Et moi je n’ai pas de sœur alors je l’ai tout de suite prise sous mon aile protectrice. J’aurais voulu la sauver.

Pendant quelques mois nous avons été proches. Marie était dans une période de régime un peu particulière, elle ne respectait pas les ordres de la diététicienne, elle ne mangeait pratiquement plus rien, elle devenait toute fine, elle était sur le point de disparaitre. Alors quand elle m’a parlé de sa solitude, de son envie d’être avec quelqu’un, j’ai pensé que si elle rencontrait un homme, peut-être se remettrait-elle à manger un peu…Nous l’avons inscrite sur un site de rencontres, c’était drôle de cliquer sur « suivant » quand la photo des hommes ne lui plaisait pas. Nous nous amusions beaucoup parce que nos goûts en matière d’hommes étaient à l’opposé, elle adorait les hommes plus vieux qu’elle, les bruns à la peau mate, les nez forts, les cheveux courts, les hommes en costume. Je la voyais sourire pour la première fois. Elle faisait enfin son âge : insouciante, fraîche, pétillante.

Rapidement, elle s’est entichée d’un garçon plus vieux qu’elle, un étudiant en médecine de 26 ans dont le pseudo était « Dr Mamour ». J’apprenais alors qu’il s’agissait d’une référence à la série Grey’s anatomy, série hospitalière complètement neuneu dans laquelle joue un certain Patrick Dempsey, considéré comme « beau gosse » par Hollywood. L’étudiant en médecine lui ressemblait vaguement, Marie était sous le charme.  Elle ne pensait plus qu’à lui, ne parlait plus que de lui, passait son temps à emprunter de l’argent à son père pour acheter de nouveaux vêtements dans le but de plaire au Dr Mamour, bref, elle n’était plus obsédée par le régime, elle était obsédée par son coup de cœur qu’elle n’avait pourtant pas encore rencontré. Puis vint le jour où le rendez-vous fut pris, elle était dans un état d’excitation assez flippant, je n’avais qu’une peur : qu’il lui brise le cœur et qu’elle recommence à manger une pomme par jour…

L'acteur Patrick Dempsey

L’acteur Patrick Dempsey

Après avoir écouté du jazz (il voulait l’impressionner) et regardé un film coréen (il voulait vraiment l’impressionner), ils firent l’amour et le lendemain, lorsque Marie quitta l’appartement du futur docteur, il lui dit « A bientôt ! » avec un large sourire supposé signifier qu’ils se reverraient bientôt pour de vrai. Sauf qu’après 3 semaines d’angoisse, il n’avait toujours pas rappelé. Marie était passé par toutes les émotions possibles : espoir, incompréhension, colère puis re-espoir, re-colère et elle était finalement restée sur l’incompréhension. Elle comptait sur moi pour l’aider à comprendre ce qui s’était passé. Parce que j’étais plus vieille qu’elle et censée connaitre les hommes. Sauf que je n’avais aucune idée de ce qui pouvait s’être passé, n’étant pas présente. Je n’osais le dire à Marie mais ce qui lui arrivait me rappelait une séquence de la série Sex & the city.

Je pensais exactement la même chose que Miranda dans cette séquence : Dr Mamour n’était tout simplement pas si intéressé que ça par Marie. Mais je ne dis rien, de peur de lui faire encore plus de peine.  Puis une idée diabolique me vint. Pourquoi ne pas me créer un profil sur le site de rencontre, prétendre être intéressée par le fameux Dr Mamour puis le rencontrer et lui demander pourquoi il n’avait jamais rappelé ma copine Marie ? Le plan était parfait. Je prétendis aimer les mêmes choses que lui et en deux temps trois mouvements je me retrouvais chez le Dr Mamour, assise dans son canapé avec une petite appréhension tout de même (s’il tentait de m’embrasser, ce serait catastrophique). Son petit numéro me fit beaucoup rire. Son joli duplex gentiment payé par papa et maman était une garçonnière de luxe, un attrape-filles de premier choix. Comment Marie n’avait-elle pas pu remarquer que le garçon n’était rien d’autre qu’un gros queutard ? Tout était si parfaitement bien agencé, il avait un bar impressionnant, rempli d’alcools qui plaisent aux filles (Baileys, liqueurs diverses, vins blancs et j’en passe), des gadgets disséminés « naturellement » ici et là. Et il faut bien l’avouer, il avait un humour redoutable et un physique charmant. Après une heure à discuter agréablement, je lui dis soudain « En fait, je ne suis pas celle que tu crois. Je suis venue chez toi pour une raison précise. .. ». Dr Mamour ne s’inquiéta pas tout de suite, non, il était plus intrigué, excité, dirais-je. Puis je finis par lâcher le morceau « Il y a trois semaines, tu as fait venir une fille du site chez toi. Une fille qui s’appelle Marie. Qui a 18 ans. Tu t’en souviens ? ». Notre Dr Mamour perdit toute couleur et moi j’eus peur de me retrouver hors de chez lui manu militari. Je continuais « Tu lui as dit que tu la rappellerais et tu ne l’as jamais fait. Je ne te connais pas, je ne suis pas là pour te juger, je suis là pour comprendre. Parce que Marie comptait sur ton appel. Parce que Marie a 18 ans. Elle croit ce qu’un homme lui dit. Je te le demande au nom de toutes les filles qui n’ont jamais compris pourquoi un homme ne les rappelait pas. Pourquoi tu n’as jamais rappelée Marie ? » Notre Dr Mamour se leva, très embêté, puis il dit qu’il était « désolé », qu’il avait dit ça « comme ça », qu’il ne savait pas s’il allait la revoir à ce moment-là, qu’il avait dit ça « machinalement ».  J’étais contente d’avoir une vraie discussion avec un homme sur ce sujet. Ce qui ressortait de tout ça, c’était surtout qu’il était aussi paumé qu’elle.  Il avait vu que Marie attendait plus, il avait préféré « faire le mort » pensant qu’elle « comprendrait ». Il ne s’était pas douté qu’elle en souffrait depuis des semaines. Il finit par avouer qu’il avait été lâche par facilité. Pour lui, 3 semaines c’était une éternité, cette histoire avec Marie était loin. Il insistait sur le fait que Marie était une jeune personne tout à fait charmante, que ce n’était pas contre elle, c’était juste lui qui n’avait pas eu une folle envie de la revoir puis le temps était passé, puis il avait vraiment oublié.  Je lui ai suggéré de prévenir ses futures conquêtes, après tout, il y a des tas de filles qui sont intéressées par un coup d’un soir. Mais il n’était pas intéressé par les one shot non plus, il était éternellement insatisfait comme ceux qui ont été gâtés par la vie. L’ironie de cette histoire ? Aujourd’hui, je suis toujours en contact avec le Dr Mamour. Il est en couple, il va très bien. Mais je n’ai plus eu aucune nouvelle de Marie depuis des années…

Le jour où…je me suis souvenue de mon enfance

Quand j’étais petite, mon père me racontait des histoires pour m’endormir. Je voulais toujours plus d’histoires et je crois que parfois, il était à cours d’imagination. Il y avait cette histoire de poupée à la robe dorée qui se révélait être une poupée qui parle. « Elle s’appelle comment, la poupée, papaaaa ? » « Elle s’appelle  Pas de nom »Je détestais quand il se moquait de moi mais il insistait, la poupée s’appelait vraiment Pas de nom , ce n’était pas une blague. Aujourd’hui, mon père est toujours aussi bavard, nous nous parlons au téléphone jusqu’à ce que l’un de nous deux ne raccroche pour cause de « j’ai mal à l’oreille ».

Quand j’étais petite, j’avais le sentiment de passer ma vie à attendre ma mère, qui travaillait beaucoup trop selon moi. Alors je lui écrivais des mots d’amour,  des petits mots au ton dramatique qu’elle garde encore aujourd’hui dans une boîte spéciale. A chaque fois que ma mère ouvre cette boîte devant moi, je vois l’émotion qu’elle essaie tant bien que mal de dissimuler derrière son sourire.  Ma mère est la seule personne au monde à qui j’ai écrit des mots aussi passionnés ! Aujourd’hui, j’envoie toujours une carte postale à ma mère, où que je sois, même si je ne reste qu’une demi-journée.  C’est ma façon de lui dire que je l’aime.

Quand j’étais petite, j’avais une copine qui s’appelait Tatiana. Nous écoutions Madonna en nous demandant si nous aussi, plus tard, nous aurions une belle poitrine comme elle sur la pochette de « Like a virgin ». Tatiana vivait avec ses parents et sa grand-mère qui nous préparait de succulentes crêpes aux noix comme au pays, la Yougoslavie. La grand-mère ne parlait pas un mot de français mais on arrivait étrangement à se comprendre. Son programme préféré, c’était « Zora la rousse », parfois je regardais cette série que je trouvais vieillotte et inutile avec elle, juste pour lui faire plaisir. Elle disait des trucs dans sa langue de façon très théâtrale et ça me faisait beaucoup rire. Je l’aimais beaucoup. Et puis, un jour, Tatiana a déménagé. Elle a oublié de me donner sa nouvelle adresse et nous ne nous sommes jamais revues. Mon cœur était brisé. J’écoutais « Borderline » de Madonna seule dans ma chambre, et je pleurais. Aujourd’hui, je regrette encore de ne pas avoir de ses nouvelles. L’ironie de cette histoire c’est qu’elle ne se souvient peut-être plus de moi…

Quand j’étais petite, j’étais abonnée à Sciences & Vie Junior. J’avais lu que lors d’un baiser avec la langue on échangeait des milliers de microbes. J’avais horreur des microbes alors je pensais que jamais je ne pourrais embrasser un garçon. Au final, je n’ai pas choisi mon premier baiser. Le mec le plus beau du lycée, Alexandre, m’a embrassée un soir d’Halloween, sans me demander si j’étais d’accord. Et ce n’était pas terrible. Aujourd’hui, je n’ai plus peur des microbes mais des maladies. On peut dire que j’ai un peu évoluée, donc.

Quand j’étais petite, j’allais souvent à la Rochelle chez ma grand-mère qui ne fermait jamais la porte de la salle de bain à clef. Elle n’était pas pudique. Après l’annonce de son cancer du sein, les médecins ont décidé de pratiquer la mastectomie du sein infecté. Je voyais ma grand-mère mettre son soutien-gorge et ce sein terriblement absent, le droit. Le contraste entre ce sein plein et ce vide, juste à côté. Puis elle mettait son faux sein en silicone dans le bonnet droit, pour rétablir l’équilibre. Je lui demandais si ça ne lui faisait pas mal et elle répondait  « Non, ma chérie ». Elle ne se plaignait jamais, ma grand-mère. Aujourd’hui, j’aimerais lui dire que je ne l’ai pas oubliée. Et qu’elle me manque.

Quand j’étais petite, je faisais la collection des Barbie. J’en avais 35. Toutes plus différentes les unes que les autres. J’y ai joué jusqu’à mes 13 ans…Lorsqu’il arrivait qu’une tante de mon père m’offre une poupée qui ressemblait à Barbie mais qui n’en était pas une, j’étais un peu déçue. Ma mère disait « Quand même elles auraient pu t’acheter une vraie Barbie ! », outrée que l’on offre une pâle copie à sa princesse de fille. Les fausses Barbie étaient moches alors on les donnait à la Croix Rouge. Aujourd’hui, quand, j’y repense, je me dis que j’étais une petite fille pourrie-gâtée.

Quand j’étais petite, mon grand-père, enfin, le beau-père de ma mère, avait une chienne qui s’appelait Belle. Il me semble que c’était un Berger Allemand. Un jour, nous avons eu la surprise d’apprendre qu’elle attendait des petits.  J’étais ravie de pouvoir  faire prochainement la connaissance de la ribambelle de petits chiots mignons. Le jour où Belle donna naissance à ses petits, mon grand-père mis les chiots dans un seau et nous sommes partis en voiture rejoindre l’océan Atlantique où il les a noyés un par un. J’ai pleuré à chaudes larmes et je n’ai jamais cessé de le détester depuis.  Je n’ai pas compris pourquoi il a fait ça. Il possédait un bateau et n’avait pas de problèmes d’argent. Aujourd’hui, quand j’y repense, les larmes me montent aux yeux parce que je n’ai rien pu faire…C’est le seul traumatisme de mon enfance.

Quand j’étais petite, j’adorais être petite. Je voyais bien que nous, les enfants, avions pas mal de privilèges. Je n’étais pas pressée de devenir adulte. Je ne comprenais pas pourquoi mes camarades rêvaient tous d’être « grands ». J’étais chérie par mes parents, je n’avais à me préoccuper de rien, j’étais libre de me salir, de faire des bêtises, d’inviter mes copines à la maison. C’était bien. Aujourd’hui, je suis nostalgique de mon enfance, mais je suis une adulte heureuse. Un peu femme-enfant sur les bords mais heureuse.

Merci aux petits mots d’amour de la fille de Maryline<3

Le jour où…j’ai assisté au tournage d’une scène classée X

Angel Summers (photo de Mike Angelo)

Angel Summers (photo de Mike Angelo)

Il y a quelques semaines, un dénommé Pascal Lucas décidait de s’abonner à mon compte twitter. « Producteur-animateur d’émissions sur DORCEL TV[…]mais aussi producteur de films Jetsexprod et fuckwithatweet.com »  annonçait sa bio…C’est par ce hasard que je découvrais le concept qu’il a créé : Fuck with a Touit (anciennement « Fuck with a tweet » mais le nom a été abandonné suite à l’acharnement d’avocats New Yorkais).

De quoi s’agit-il ? Le concept est simple et efficace, c’est « le porno dont vous êtes le héros », slogan qui a le mérite de faire rêver n’importe quel fan de films de boules ! En réalité, les membres de twitter  peuvent participer au concept de 3 manières différentes : soit ils votent pour élire l’actrice qui jouera dans la scène (3 actrices au choix, amatrice, débutante ou pro), soit ils peuvent  assister au tournage et LiveTweeter ce qu’ils voient, et enfin, ils peuvent postuler au casting (il y a quand même plus de chances d’être retenue si l’on est une femme,  du moins pour le moment…).

Angell Summers se prépare pour la scène...

Angell Summers se prépare pour la scène…

Après avoir lu un article sur Le Tag Parfait consacré à FWAT qui disait « Nous étions les seuls twittos présents  sur le tournage ce jour-là », je me décidais à proposer mon humble candidature au poste de voyeuse blogueuse de l’extrême ! Je dois avouer que j’ai toujours été curieuse de savoir comment se passe un tournage de film x. Cette idée d’envers du décor m’a toujours plu.  Ce qui se passe sur un tournage correspond-t-il vraiment à ce qu’on voit ensuite ? Est-ce-qu’il y a « de la triche » ? J’avais entendu une histoire de mélange de yaourt et de je ne sais plus quoi qui serait utilisé à la place du sperme dans les films… On a tout entendu sur le milieu du porn et je trouvais intéressant de me faire ma propre idée.

J’arrive au studio à Puteaux, c’est Pascal Lucas qui m’ouvre la porte avec un large sourire : « Bienvenue ! ». Je fais la connaissance de Sophie, l’assistante de prod et du reste de l’équipe de Fuck with a touit. L’actrice choisie cette semaine-là n’est autre qu’une porn star française, Angell Summers, que n’importe quel mec décrirait à juste titre comme « une putain de bonnasse ». Elle se prépare dans la salle de bain sans aucun stress apparent.  Mike Angelo, l’acteur à l’accent chantant, est quant à lui en train de blaguer, comme si de rien n’était ! Puis, à ma grande surprise, les 3 twittos invités sur le tournage sont…des twittas. Adeline, Céline et moi. Quelqu’un dira « Le porn, ça n’intéresse plus les hommes… » L’ambiance est, contrairement à ce qu’on pourrait penser, très bon enfant ! La belle Nikita Bellucci, actrice prometteuse,  est là pour soutenir sa copine Angell.  Son Iphone en main, elle se place aux premières loges, l’œil coquin. C’est un peu le monde des Bisounours, tout le monde est souriant, sympa, chacun s’intéresse à l’autre. On en oublierait presque que le sexe, c’est sérieux et qu’il faut que Mike bande dans 5 mn et qu’Angell se « prépare le cul »(sic).

No comment...

No comment…

Lorsque Lucas nous invite à nous taire pour que les deux acteurs puissent se concentrer avant de démarrer la scène, une légère appréhension me gagne. Houlà des gens vont baiser devant moi ! Et si ça m’excite, je fais quoi ? Ce qui s’ensuit me laisse sans voix. Céline, assise à côté de moi, ne dit pas un mot non plus. Je crois que nous sommes un peu sous le choc. Aux classiques, «Je te suce », « Tu me lèches », autres positions acrobatiques et claques sur les fesses se mêlent des pratiques « hard », à savoir la double pénétration anale (où on ferme les yeux en pensant à l’actrice à 2 mètres de soi…) et le fist fucking, autrement dit la main de l’acteur dans le vagin ou l’anus de l’actrice (ce fut les deux sur ce tournage). Comme me l’apprendra Mike Angelo plus tard dans un cours d’anatomie, l’anus est extensible puisqu’il n’y a pas d’os autour donc ça ne fait pas mal, c’est juste une question d’entraînement. Ce que nous avons vu  n’est autre qu’une performance. Ce sont des acteurs professionnels qui savent ce qu’ils font et qui savent très bien le faire. Je n’ai pas du tout été excitée par ce que j’ai vu, j’ai été subjuguée je dirais. J’ai eu le sentiment d’aller voir un spectacle un peu particulier mais un spectacle quand même. Un spectacle sexuel. Les acteurs n’avaient aucune limite, aucun cahier des charges. Ils se sont fait plaisir et nous l’avons ressenti. Ils ont fait deux petites pauses pour un tournage qui aura duré un peu plus d’1h30. Il vaut mieux avoir une bonne condition physique pour faire ce métier ! Après la scène finale où Angell se fait couvrir le visage de sperme( du vrai sperme donc, pas du yaourt, je le sais maintenant !), elle est venue vers nous et a dit « Qui veut un bisou ? » en rigolant. Loin des clichés « le porno, c’est glauque », « le porno c’est malsain », j’ai apprécié la bonne humeur, la gentillesse et la disponibilité des acteurs et tout le reste de l’équipe. Pour preuve, après le tournage, nous sommes allés déjeuner dans une brasserie. On n’est pas beaux ?

Merci à Pascal Lucas et Sophie. Merci à Adeline, Marcus et Céline. Merci à Mike Angelo, Angell Summers et Nikita Bellucci. Et ceux dont j’ai oublié les prénoms… 😉

ET un bonus, ma photo préférée #NSFW

Nikita Bellucci vole Mike Angelo à Angell Summers WTF ??

Nikita Bellucci vole Mike Angelo à Angell Summers WTF ??

Le jour où…un gros beauf a essayé de me séduire en m’envoyant des mails

[J’inaugure la catégorie « Le jour où… » qui me permettra d’évoquer des anecdotes personnelles, de me moquer de mon prochain ou de moi-même.]

Il y a un an et demi, je cherchais du travail (c’est assez fréquent, pour tout vous dire). Après avoir vu une annonce qui me paraissait intéressante, je décidais d’y répondre et me trouvais face à mes hypothétiques futurs employeurs peu de temps après.  Certes, le salaire affiché sur l’annonce ne correspondait en rien à mes prétentions mais la boîte pour laquelle je postulais se trouvait à 10mn à pied de chez moi…Le but était de négocier, on ne sait jamais !

Une grande blonde  aux yeux bleus, visage de poupée un peu fanée à la minceur stupéfiante m’annonce qu’elle n’aura que 5 à 10 minutes à me consacrer ; son mari se chargera du reste de l’entretien, « c’est une entreprise familiale, vous savez ». Je la vois s’éloigner avec ses vêtements moulants aux motifs « Africa meets Europe ». Je patiente un peu trop longtemps à mon goût puis le mari se présente. Lui aussi doit avoir une bonne quarantaine d’années mais son physique ne correspond en rien à celui de sa femme. Si l’on peut facilement admettre qu’elle est encore « une belle femme », lui ressemble à une blague. J’entends par blague que le type a un physique qui fait sourire. De petite taille, l’homme est doté d’un ventre proéminent alors même que le reste de son corps est « standard ». Ce  ventre est une attention whore à lui tout seul, on ne peut en détacher le regard. Ce ventre, c’est sa fierté, sa manière de dire qu’il est un bon vivant. Le visage poupin, il arbore une moustache digne de Max dans le jeu « Qui est-ce ? » et  ses yeux sont aussi ronds que ses cheveux sont frisés et hirsutes.

Très vite, il comprend que malgré mon intérêt pour sa boîte, le poste qu’il propose ainsi que le salaire ne me permettront pas de lui dire « oui », alors même qu’il souhaite « vivement » que je fasse « partie de l’équipe ». Nous parlons alors de tout autre chose, de littérature, de photographie, des expositions à voir en ce moment. Un entretien professionnel est toujours une entreprise de séduction mutuelle mais il me semble que ce n’est pas le cas, puisqu’il a compris qu’on ne travaillerait pas ensemble.  Avant de partir, je laisse entendre que je vais réfléchir tout en sachant que je n’accepterais pas son offre.  Puis j’oublie. Et je reçois ce mail quelques jours plus tard.

Bonjour,

Vous deviez revenir vers moi suite à votre entretien, mais j’ai supposé que vous ne donniez pas suite … ce qui me semble assez logique au vu de votre parcours et expérience.

Je dois cependant vous dire que j’avais eu un très bon feeling suite à ce rendez-vous.

Je vous souhaite donc bonne chance dans vos recherches.

Ce n’était pas le sujet de l’entretien mais ayant par ailleurs une activité d’édition […] et d’écriture, je reste curieux de vos activités personnelles dans ce domaine.

Echangeons à l’occasion sur ce sujet si vous le souhaitez.

Bonne journée.

Pensant naïvement que « J’avais eu un très bon feeling » n’avait aucune connotation sexuelle, je répondis à notre ami un petit blabla sur mes expériences littéraires, la déception de mon manuscrit finalement refusé il y a quelques années, tout cela sur un ton cordial. Sa réponse est un petit chef d’œuvre, non seulement il me tutoie soudainement mais il devient assez lourd. En voici les extraits les plus fascinants.

« […]J’écris personnellement avec plusieurs objectifs personnels : inventer des bulles littéraires sensuelles que l’on pourrait recréer dans la vie réelle, soigner ses maux par les mots, prendre de la distance par rapport à l’instant […]

Dans un registre tout autre, les bulles sensuelles, je me plais à assumer mon rôle d’obsédé textuel !

J’aime l’idée de co-écriture également, une manière d’explorer l’autre tout en composant des textes significatifs.

Au plaisir d’échanger sur ces différents sujets … par email ou en prenant un verre dans un café littéraire ou un bar à vins.

La vie est faite d’écriture, d’érotisme et de grands crus de bordeaux !

Ce qui donne de la saveur à tout cela c’est l’exploration et le partage.

Alors, à bientôt ? »

J’ai éclaté de rire à la lecture de ce mail. J’avais tout de même rencontré son épouse ! Cela ne l’empêchait visiblement pas de me parler de ces « bulles littéraires sensuelles » (What the fuck ??) Ce mail est d’une lourdeur assez effarante. Comment pouvait-il penser que « obsédé textuel » était un terme intelligent quand je n’y vois qu’une tentative foireuse de faire l’intello. J’ai hésité à lui répondre quelque chose de lapidaire, du style : « C’est aimable à vous mais je n’aime pas le vin,  Bonne continuation surtout ! » ou « L’érotisme ne m’intéresse pas, la pornographie oui. Mais pas avec vous. Cordialement. P.S : le vin, c’est de la merde, je préfère le gin. » Apparemment, Monsieur ne sait pas qu’on ne termine jamais un mail par une question. Parce qu’on est tenté d’y répondre par la négative.

A l’heure où les blogs qui recensent les « tentatives de séduction en milieu urbain » font sensation, je pense qu’il est important de rappeler que la lourdeur peut aussi s’exprimer à l’écrit. Il y a des hommes persuadés d’avoir une belle plume, une légitimité pour nous faire des propositions gênantes ; gênantes pour eux, pas pour nous. Parce qu’au final, on peut garder ce genre de mail et…en faire un billet pour son blog.

Voyant que je ne répondais pas à son mail, Monsieur Moustache m’en envoyait un autre, près d’un mois plus tard :

Mon mail est peut-être passé en spam…ou pas…

On sent une once de début de remise en question. Pas assez attendrissant. Je n’ai jamais répondu.