Rétrospective Keith Haring, The Political Line (Musée d’Art Moderne et CENTQUATRE)

Autoportrait, 1989

Autoportrait, 1989

« L’art n’est pas une activité élitiste réservée à l’appréciation d’un nombre réduit d’amateurs, il s’adresse à tout le monde. »

On ne présente plus Keith Haring, l’artiste le plus prolifique de sa génération,  véritable icône des années 80, créateur d’un style toujours aussi moderne plus de vingt ans après avoir perdu son combat contre le sida, à l’âge de 31 ans. On savait que Keith Haring était un artiste (un être) exceptionnel, cette rétrospective ne fait que renforcer ce sentiment. Ah…si seulement il avait vécu plus longtemps…

Le Musée d’Art moderne s’est allié au 104 pour présenter l’œuvre de Keith Haring sous l’angle politique, de ses combats qui furent nombreux et ce, jusqu’à son dernier souffle. Pourquoi une exposition dans deux établissements culturels ? Parce que les grands formats méritaient d’être vus dans un lieu assez grand pour les sublimer, le 104 et ses 35 000m2 étaient tout trouvés. D’autant que l’établissement est situé dans un quartier populaire et que l’idée que l’art puisse être accessible était chère à l’artiste. En effet, trois gigantesques sculptures en extérieur sont visibles par tous, gratuitement.

J’ai commencé par me rendre au 104 qui est un lieu que j’affectionne particulièrement, certes c’est à l’autre bout de la ville mais c’est un lieu extrêmement beau et vivant. Les habitants du quartier  savent que c’est un espace libre, on peut rester là, sur les transats mis à disposition, choisir un livre dans la bibliothèque qui se trouve dans la cour, profiter du soleil et du wifi gratuitement. Des danseurs de hip hop squattent l’espace sous les halles, c’est un beau spectacle que de les voir faire et refaire les mêmes pas sans fatiguer. Je crois que c’est un lieu que Keith Haring aurait aimé !

Au 104, ce sont donc les grands formats qui sont exposés, des bâches et peintures sur les thèmes de la religion, de la menace nucléaire ou du sida avec la fameuse peinture Safe Sex.

A ne pas rater : une œuvre majeure rarement exposée, Les Dix Commandements (1985), dix panneaux de 7 mètres sur 5 que l’artiste a réalisé en trois jours. Il s’agit bien évidemment d’une réinterprétation libre, inspirée de la Bible. Une dénonciation de la religion et de la société de consommation qui commence sérieusement à sévir dans les années 80. Ainsi « Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi » montre une télévision en guise de Dieu… Les dix panneaux sont impressionnants,  les grands aplats montrent la vitesse à laquelle il les a réalisés, sûr de lui, prêt à en découdre. Les signes du diable, l’enfer, les personnages avec leurs croix, comme des cibles, les serpents qui nous rappellent qu’on nous ment, que ce ne sont que des sornettes. Il faut voir cette œuvre monumentale pour le croire. Trois jours seulement !

A l’extérieur, près de la sculpture du chien rouge qui danse, un abri en bois vous propose de vous asseoir pour regarder trois documentaires sur l’artiste. Le plus intéressant s’intitule « Restless Keith Haring » et dure 36 minutes que vous ne regretterez pas. On y voit l’américain en plein travail, au Brésil, où il s’était réfugié pour échapper au tumulte, chez son ami Kenny Scharf qui tente de restaurer un dessin effacé par les affres du temps grâce à des photos (Keith Haring prenait systématiquement tout ce qu’il produisait en photo, conscient de la notion éphémère de son travail). Kenny Scharf nous apprend que Keith Haring avait le pressentiment qu’il ne vivrait pas longtemps, bien avant que le sida ne devienne malheureusement à la mode et décime tout leur groupe d’amis. Il avait conscience d’être ici-bas pour délivrer un message, c’est pour cette raison qu’il travaillait sans relâche. « Ma contribution au monde est ma capacité à dessiner », disait-il. Dessiner était une performance pour l’artiste : il prenait beaucoup de plaisir à le faire devant une audience. Entre 1980 et 1985, il aura dessiné  des centaines d’œuvres à la craie blanche sur les panneaux publicitaires noirs du métro de New York. « Quand j’ai vu qu’il y avait partout dans les couloirs du métro de ces surfaces noires, j’ai compris quelle découverte j’avais faite. » Pour contraster avec la couleur noire du support, il utilise la craie, facile à transporter, facile à utiliser.

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Au Musée d’Art Moderne, les nombreuses œuvres de Keith Haring nous montrent que malgré son succès commercial, l’artiste aura toujours eu à cœur d’aider, de combattre, de militer. Il collaborera avec un jeune artiste de rue, LA 2, participant ainsi à la démocratisation du graffiti mais aussi d’un mouvement musical en devenir, le hip hop. Si chacun connait son implication dans la défense des droits des homosexuels et la lutte contre le sida, on apprend qu’il aura mené d’autres combats de front : la lutte contre l’illettrisme, contre la drogue (« Crack is wack »), mais également le racisme. En effet, il dénoncera l’Apartheid en Afrique du Sud en distribuant plus de 20 000 posters Free South Africa  lors d’une manifestation à New York. Haring était avant-gardiste concernant des thèmes tels que la menace nucléaire (il réalisera de nombreuses affiches dont Anti-Nuclear Poster (1982)) ou la destruction de l’environnement, pas vraiment en vogue à l’époque. Plus généralement, il luttera contre toute forme d’oppression, contre toutes les discriminations. En 31 ans il aura même eu le temps de créer sa propre fondation la « Keith Haring Foundation », en 1989, qui est chargée de venir en aide aux enfants et de soutenir les organisations qui luttent contre le sida. Avant de mourir, il réalisera un rétable qui se trouve actuellement à l’église Saint-Eustache, beau pied de nez pour quelqu’un qui aura toujours lutté contre l’oppression que représente la religion…

Cette exposition nous rappelle l’importance de l’œuvre de Keith Haring et permet de démontrer à ses détracteurs, toujours jaloux de son insolent succès, que sa renommée internationale lui aura permis de transmettre des messages politiques qui sont toujours d’actualité. Et que son influence est bien là, qu’ils le veuillent ou non.

Avec près de 250 œuvres réalisées sur toile, sur bâche ou dans le métro, cette exposition est l’une des plus importantes jamais réalisées sur l’artiste dans une ville qu’il appréciait particulièrement et dans laquelle il avait vécu. C’est l’exposition à voir absolument, dépêchez-vous, elle se terminera le 18 août…

Keith Haring, The Political Line, jusqu’au 18 août 2013

AU MUSEE D’ART MODERNE DE LA VILLE DE PARIS
11 avenue du Président Wilson – 75116 Paris
http://www.mam.paris.fr/fr/expositions

AU CENTQUATRE
5, rue Curial
75019 Paris
http://www.104.fr

Sur présentation du billet acheté au MAM ou au 104, bénéficiez du tarif le plus bas (5,5€ ou 3€) dans l’autre lieu pour visiter la 2ème partie de l’exposition.

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Le rétable de l'église Saint-Eustache

Le rétable de l’église Saint-Eustache

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Cheveux chéris « Frivolités et trophées » au Musée du Quai Branly

Soirée de coiffure, Brassaï, vers 1930

Soirée de coiffure, Brassaï, vers 1930

Je dois dire que j’ai été surprise d’apprendre que le musée du quai Branly consacrait une exposition temporaire aux cheveux. Le musée du quai Branly, je n’y avais jamais mis les pieds pour la bonne et simple raison qu’il est consacré aux arts premiers, qui ne m’intéressent absolument pas. Les masques totémiques pré-colombiens et autres figures hybrides en jade me font peur, dès que j’en vois, je fais des cauchemars pendant des mois, persuadée que les objets présentés viendront posséder mon âme pendant la nuit.

Métisse tagalo-chinoise, photo anonyme

Métisse tagalo-chinoise, photo anonyme

Le cheveu, en revanche, ça me parle. J’essaie vainement de comprendre comment me coiffer depuis que je suis née. J’éprouve une réelle admiration pour ces femmes qui savent quoi faire de leur chevelure. Mon rêve serait d’avoir des cheveux d’américaine : épais, brillants, qui tiennent tous seuls. Nous chérissons nos cheveux autant que nous les maudissons et je trouvais intéressant de voir ce que pouvait donner une exposition sur ce sujet. Le musée du quai Branly regroupe environ 250 peintures classiques, sculptures, photographies, objets ethnographiques et multimédias. Il faudra au minimum 1h30 pour apprécier la visite.
Le parcours proposé correspond à celui de la vie elle-même : de sa jeunesse à sa cruelle perte, le cheveu est présenté sous tous ses aspects, dans toutes les cultures. Loin d’être superficiels, les cheveux nous permettent de comprendre nos goûts, la mode, l’époque dans laquelle on vit. La première partie, légère, nous permet d’apprécier la multiplicité des coiffures, de revoir la beauté de célèbres blondes ou brunes, telles Brigitte Bardot ou Ava Gardner.

Puis l’ambiance se fait plus solennelle, la perte des cheveux est évoquée. Au XIX ème siècle, on offrait une mèche de cheveu en gage d’amitié ou d’amour ( Voilà une pratique qui devrait être remise au goût du jour ! ). L’exposition présente un médaillon en cristal et argent contenant une mèche de Marie-Antoinette. Le cheveu, imputrescible, permet aussi de perpétuer le souvenir des morts…

L’été 1944, en France, les femmes accusées d’avoir entretenu des relations avec des soldats allemands sont tondues et humiliées publiquement, tel que le montre l’extrait du documentaire de Jean-Gabriel Périot, Eut-elle été criminelle. La foule, composée d’hommes et de femmes ravis d’assister à un lynchage en bonne et due forme a quelque chose de saisissant. Le plaisir de certains qui giflent gratuitement ces pauvres femmes, les rires sur leur passage, les croix gammés dessinées sur leurs fronts… C’était il y a à peine 60 ans…

 

La dernière partie présente des restes humains, mèches, scalps,têtes coupées,masques en cuir humain, il faut avoir le coeur bien accroché pour apprécier la fin de l’exposition ! Dans les cultures non européennes, les cheveux sont utilisés dans des ornements pour montrer sa puissance ou le groupe auquel on appartient. Aux Iles Marquises, les chefs plaçaient des mèches de cheveux de leurs ennemis sur leur bâton de prestige, effet garanti ! Le crâne égyptien momifié à la feuille d’or reste à mon sens le plus fascinant de cette partie consacrée aux pouvoirs du cheveu.

Cheveux chéris « Frivolités et trophées »jusqu’au 13 juillet 2013
Musée du Quai Branly
37 quai Branly
218 rue de l’Université
75007 Paris

Mardi, mercredi, dimanche 11h-19h
Jeudi, vendredi, samedi 11h-21h

www.quaibranly.fr

 
A Madagascar, la veuve se doit de laisser ses cheveux à l’air libre, sans les coiffer ni les laver, le but étant de repousser d’éventuels prétendants…

Femme merina en deuil, Maurice Teissonnière, vers 1880-1909

Femme merina en deuil, Maurice Teissonnière, vers 1880-1909

En voyant la coiffure de Sylvie Vartan, pas de doute, nous sommes dans les années 1960 !

Sylvie Vartan, Sam Lévin, vers 1960

Sylvie Vartan, Sam Lévin, vers 1960

Les femmes rousses sont accusées d’être des sorcières ou des séductrices dangereuses…

La liseuse, Jean-Jacques Henner, 1883

La liseuse, Jean-Jacques Henner, 1883

Ophélie, l’héroïne d’Hamlet, ses longs cheveux détachés et ses guirlandes de fleurs, avant qu’elle ne se noie dans la rivière…

Ophélie, Ernest Hébert, 1876

Ophélie, Ernest Hébert, 1876

Le sulfureux japonais Araki théâtralise la chevelure…

Nobuyoshi Araki, Untitled

Nobuyoshi Araki, Untitled

L’écrivain William Burroughs,en 1995, âgé de 81 ans,  sous l’oeil de la photographe Annie Leibovitz.

William Burroughs par Annie Leibovitz, 1995

William Burroughs par Annie Leibovitz, 1995

Joana Vasconcelos à Versailles

C’est la quatrième année consécutive que le château de Versailles fait appel à un artiste contemporain pour investir les Grands Appartements (l’année dernière, c’était le tour de Takashi Murakami). Pour la première fois, une femme est à l’honneur : c’est l’artiste Joana Vasconcelos qui est invitée. Peu connue du grand public, elle est née à Paris et travaille dans la capitale Portugaise, Lisbonne. Elle s’est fait remarquer à la Biennale de Venise (en 2005) avec une œuvre intitulée A noiva(« la Fiançée »), un grand lustre composé de 25000…tampons hygiéniques ! Cette œuvre, jugée trop scandaleuse, n’a pas été retenue pour l’exposition du château de Versailles…

La femme est au cœur de l’œuvre de Joana Vasconcelos. A commencer par ses Valkyries, suspendues dans la galerie des Batailles, gigantesques peluches tentaculaires faites de broderies et autres patchworks exécutées par des petites mains au Portugal. Comme le dit l’artiste elle-même, le château de Versailles […]est un espace plein, complet, riche, où rien en apparence ne semble pouvoir être ajouté[…]. Pourtant, ses Valkyries semblent faites pour le lieu, ajoutant de la splendeur à la splendeur, modernisant l’ensemble. On regrette presque qu’elles soient accrochées si haut, nous empêchant d’en apprécier les détails…

Valkyrie Trousseau, 2009

Valkyrie Trousseau, 2009

Valkyrie Trousseau, 2009 (détails)

Valkyrie Trousseau, 2009 (détails)

Les cœurs indépendants, l’un rouge, l’autre noir, sont suspendus dans la galerie des Glaces. Sur un air de fado, ils prennent bien entendu une dimension dramatique. Composés de couverts en plastique, ils représentent la passion et la mort…

Coeur indépendant rouge, 2005

La pièce majeure de ce parcours artistique est la magnifique paire d’escarpins composée de casseroles et couvercles en inox intitulée Marilyn, une façon de rappeler que malgré sa féminité, la femme continue d’être affublée aux tâches ménagères.

Marilyn, 2011

Marilyn, 2011

Marilyn, 2011 (détails)

Marilyn, 2011 (détails)

Dans la salle des Gardes de la Reine trônent deux lions, symboles du pouvoir patriarcal. Côte à côte, ils sont destinés à protéger les lieux. Les Gardes, sculptés dans du marbre sont recouverts de crochet blanc, devenant ainsi beaucoup plus féminins.

Gardes, 2012

Gardes, 2012

Perruque est une œuvre surprenante. Sphère en bois harmonieusement intégrée dans la décoration de la Chambre de La Reine, elle fait jaillir des queues de cheval de cheveux synthétiques de toutes les couleurs et textures. A la fois grotesque et séduisante, elle évoque les coiffures d’autrefois.

Perruque, 2012

Perruque, 2012

Lilicoptère est sans aucun doute l’hélicoptère le plus glamour qui soit ! Recouvert de plumes d’autruches et de cristaux Swarovski, il embellit la salle 1830.

Lilicoptère, 2012

Lilicoptère, 2012

Joana Vasconcelos a également investi les jardins, en témoigne ce Pavillon du vin sur lequel un oiseau avait élu résidence le jour de ma visite…

Pavillon de vin, 2011

Pavillon de vin, 2011

Exposition Joana Vasconcelos Versailles, jusqu’au 30 septembre 2012

Château de Versailles

Ouvert tous les jours sauf le lundi

Accès par le RER C : station Versailles Rive Gauche

http://www.vasconcelos-versailles.com

Bob Dylan : L’explosion rock 61-66

"Bob Dylan with Peter Yarrow & John Hammond Jr., New York, 1965" © Daniel Kramer

Il y a quelques années, j’avais rencontré des pseudo baby-rockers qui ne juraient que par Bob Dylan. Je ne l’avais jamais écouté. Rien que le nom déjà, « Bob Dylan », ça sonne comme une blague. Et le folk, ça m’emmerde autant que le jazz, c’est dire ! Mon père m’avait dit « Le seul album vraiment intéressant c’est « Highway 61 revisited », je te le prête si tu veux ». Contre toute attente, je dois avouer que j’aime beaucoup cet album. C’est ce qui m’a poussé à m’intéresser de plus près au personnage en me rendant à l’exposition qui se tient actuellement à la Cité de la Musique : « Bob Dylan : l’explosion rock 61-66 ».

"Bob Dylan playing chess, 1964" © Daniel Kramer

L’exposition revient sur les 5 premières années de la carrière monumentale de Bob Dylan,  pendant lesquelles il écrira 7 albums qui feront de lui une star internationale. Des objets ayant appartenu à l’artiste tels que sa guitare acoustique Martin, des manuscrits de chansons, mais aussi des photos du jeune Bob en famille ou dans l’annuaire de son lycée sont présentées. Des extraits de documentaires également, dont l’excellent « Don’t look back » et ses scènes mythiques : on voit le manager de Dylan, Albert Grossman, recevoir copieusement un employé de l’hôtel venu réclamer le silence sous peine de les expulser de l’établissement..

Au delà de Bob Dylan, l’exposition évoque l’histoire de la musique américaine pendant les années 60, les racines du folk, les messages protestataires dans une époque où sévit la guerre du Vietnam… jusqu’à l’apparition du  folk rock, initié par Dylan. A mon sens, les photos de lui, qui font le cœur de l’exposition, représentent à elles seules l’intérêt de se rendre à la Cité de la Musique (qui se trouve « Porte de pantin », rappelons-le).

"Bob and Sara Dylan at Shack, 1965" © Daniel Kramer

Daniel Kramer, photographe ayant fait ses classes auprès de Diane Arbus, suivra Dylan pendant près de deux ans et réalisera, notamment, la pochette de l’album « Highway 61 revisited ». 60 clichés sont présentés : la silhouette légendaire de Dylan, le regard profond et mystérieux, le cheveu hirsute, dans sa vie quotidienne : en studio, dans les coulisses, à l’hôtel,  avec ses amis ou sa femme de l’époque, Sara. La naissance d’une légende se fait sous nos yeux.

Pochette de l'album "Highway 61 revisited", 1965 © Daniel Kramer

La seconde partie de l’exposition nous apprend que Bob Dylan a côtoyé Johnny Hallyday, Françoise Hardy et Hugues Aufray lorsqu’il a vécu chez ce dernier à Paris en 1964. On y trouve des coupures de presse et des photos nous rappelant les rapports houleux entre l’artiste et la France. La retranscription de la conférence de presse que Dylan a donnée en 1966 est hilarante. A la question « Quels sont vos plaisirs dans la vie ? », il répond : « Fumer et manger ». Puis on lui demande « Qu’est-ce-que vous fumez ? » et il répond « N’importe quoi ». A questions connes, réponses connes…

Bob Dylan, l’explosion rock 61-66, du 6 Mars au 15 Juillet 2012

"Bob Dylan and Johnny Cash backstage, 1965" © Daniel Kramer

Cité de la Musique

221 avenue Jean Jaurès

75019 Paris

www.citedelamusique.fr

Mardi-samedi : 12h-18h

Dimanche : 10h-18h

Nocturne le vendredi et le samedi jusqu’à 22h

! Ami chômeur, sache que cette exposition ne sera pas gratuite pour toi, la gratuité est réservée aux handicapés.

Robert Mapplethorpe par Sofia Coppola

Je dois dire que je n’avais jamais entendu parler du photographe Robert Mapplethorpe avant de lire l’excellent « Just Kids » de Patti Smith, où leur amour-amitié prend une belle part du récit.

Le travail de Mapplethorpe semblait se résumer à des clichés en noir en blanc où son goût prononcé pour le sado-masochisme était érigé en Art. Difficile d’apprécier certaines de ces photos sulfureuses, surtout celle représentant le photographe lui-même, tournant le dos à l’objectif, un fouet planté dans l’anus en guise de longue queue diabolique…(Selfportrait, 1978). Provocation, supercherie, Art ? On était en droit de se poser la question.

Pourtant, grâce à la  très belle exposition dirigée par Sofia Coppola à la galerie Thaddaeus Ropac, nous pouvons découvrir une autre facette de l’artiste américain.

La cinéaste a eu la chance d’avoir accès aux archives de Mapplethorpe à New-York où elle a choisi des photos proches de son univers, de ses goûts artistiques. Ici, une seule photo montrant un sexe  turgescent (certains seront déçus) ; le reste n’est que candeur, douceur et émotion.

Des natures mortes, des animaux, quelques portraits d’enfants nus ou de femmes dont le célébrissime de Patti Smith se coupant les cheveux.. C’est ici le Mapplethorpe respectable qui nous est présenté et c’est tout aussi captivant, voire davantage ! Oubliées les photos choquantes qui l’ont rendues célébre, ce qui ressort de cette expostion c’est avant tout la technique de Mapplethorpe, indiscutable. Il faut absolument se rendre à la galerie Thaddaeus Ropac pour redécouvrir cet artiste majeur du 20ème siècle. D’autant que c’est gratuit, ce qui reste un argument plus que valable en temps de crise…

 

Robert Mapplethorpe curated by Sofia Coppola

Galerie Thaddaeus Ropac 7 rue Debelleyme 3ème www.ropac.net

Jusqu’au 7 janvier 2012