Daniel Buren « Excentrique(s), travail in situ » Monumenta 2012

C’est la cinquième édition de l’évènement « Monumenta » au Grand Palais. Cette année, l’artiste français Daniel Buren investit la gigantesque nef du Grand Palais (13500 m2 et 45 m de hauteur).

Daniel Buren est connu des Parisiens pour avoir réalisé en 1986 ce qu’on appelle « Les colonnes de Buren ». Dans la cour d’honneur  du Palais-Royal, des colonnes de marbre aux rayures blanches et noires s’invitent dans le paysage, le public pouvant les investir librement (par public, j’entends « les enfants » qui se réjouissent enfin d’avoir l’autorisation d’escalader partout !).

« Excentrique(s), travail in situ » propose au visiteur de se promener dans une forêt de cercles de différentes tailles et couleurs. Au centre,  des « cercles-miroirs » sont disposés, permettant au visiteur de marcher dessus, et d’apprécier de manière ludique le volume du lieu. La lumière, élément essentiel dans cette exposition, passe à travers chaque cercle coloré. L’œuvre permet au visiteur d’apprécier la structure même de l’édifice et sa couleur vert réséda immuable : Daniel Buren révèle le côté monumental de la nef du Grand Palais. Si la démarche est intéressante, il sera difficile de nous ôter de l’esprit la réalisation d’Anish Kapoor l’année dernière, « Léviathan », qui rencontra un vif succès (près de 280.000 visiteurs !).

Daniel Buren Monumenta 2012, jusqu’au 21 juin 2012

Excentrique(s) Travail in situ

Grand Palais

Avenue du Général Eisenhower

75008 Paris

Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 19h, le lundi et le mercredi, de 10h à minuit, du jeudi au dimanche

www.monumenta.com

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Helmut Newton au Grand Palais

Publicité pour Walter Steiger, Montecarlo, 1983 ©HelmutNewton

Publicité pour Walter Steiger, Montecarlo, 1983 ©HelmutNewton

La première rétrospective en France du travail d’Helmut Newton ne pouvait avoir lieu qu’à Paris, le photographe y a beaucoup travaillé, notamment pour notre Vogue national. C’est dans les magazines de mode que j’ai découvert ses photos, sans savoir à l’époque quelles étaient de lui.  A quoi reconnait-on une photo de M. Newton ? C’est souvent un cliché en noir et blanc où l’on voit une femme dans une pose érotique, c’est un cliché presque dérangeant, parce que la femme est masculine, musclée, forte. Même à quatre pattes, c’est elle qui domine !

Helmut Newton Saddle I, Paris 1976 ©HelmutNewton

Helmut Newton Saddle I, Paris 1976 ©HelmutNewton

« Une bonne photographie de mode doit ressembler à tout sauf à une photographie de mode. A un portrait, à une photo souvenir, à un cliché de paparazzi », disait Helmut Newton. C’est probablement cette vision qui lui permettra de révolutionner la photo de mode dans les années 60.

Vogue, Londres, 1967 © Helmut Newton

Vogue, Londres, 1967 © Helmut Newton

La femme est le sujet de prédilection de Newton, qui rappelons-le, n’a travaillé que sur commande, en majorité pour la presse féminine (Elle, Playboy, Vogue). Les hommes, rares dans le travail du photographe, ne sont que des objets de décoration, existants pour sublimer la femme. On a pu penser que l’artiste était macho, lui qui est considéré comme le créateur du porno-chic, il me semble qu’il était plutôt féministe…

Calendrier Pentax, Saint-Tropez, 1975 ©HelmutNewton

Calendrier Pentax, Saint-Tropez, 1975 ©HelmutNewton

Helmut Newton choisira de quitter l’Allemagne nazie a 18 ans pour Singapour puis l’Australie où il rencontrera sa future épouse, June, venue poser pour lui. L’exposition présente près de 200 tirages sélectionnés par celle qui partagera sa vie pendant plus de 50ans. Malgré le nombre de clichés présentés, on pourra regretter un manque de cohérence à cette rétrospective. Le Grand Palais est un lieu  prestigieux mais il aurait peut-être fallu accorder encore plus de place à l’œuvre de M. Newton. Il y a peu d’explications sur le travail de l’artiste, de plus, certains tirages sont regroupés en trop grand nombre, certains sont exposés en hauteur,  difficile de les apprécier à moins de mesurer plus d’1m80…

Big Nude III: Henrietta, 1980 ©HelmutNewton

Big Nude III: Henrietta, 1980 ©HelmutNewton

La salle présentant les Big Nudes est de loin la plus agréable. Les Grands Nus, commencés en 1980, lui ont été inspirés par des photos d’identité judiciaire de terroristes réalisées par la police allemande. Les femmes nues, juchées sur des talons aiguilles, défient le regard du spectateur. Le diptyque Sie kommen (« Elles arrivent ») représente quatre femmes de type working girl, habillées puis déshabillées. Saisissant.

Sie Kommen, Vogue France, 1981 © Helmut Newton

Sie Kommen, Vogue France, 1981 © Helmut Newton

Parmi les modèles célèbres du photographe, on trouvera des princesses (Stéphanie et Caroline de Monaco), beaucoup d’actrices (Isabelle Huppert, Monica Bellucci, Catherine Deneuve), des créateurs (Karl Lagerfeld, Yves saint-laurent). La photo de Charlotte Rampling est troublante, quelle actrice accepterait de poser ainsi aujourd’hui ?

Charlotte Rampling at the Hotel Nord Pinus II, Arles, 1973 ©HelmutNewton

Charlotte Rampling at the Hotel Nord Pinus II, Arles, 1973 ©HelmutNewton

En 2004, à l’âge de 83 ans, Helmut Newton nous quittait façon « Hollywood ». En sortant de sa résidence, le Château Marmont, culte et scandaleux, sa Cadillac percuta le mur d’en face. Une fin aussi glamour que les clichés qu’il prendra toute sa vie…

Vogue Paris, 1969 ©HelmutNewton

Vogue Paris, 1969 ©HelmutNewton

Helmut Newton

Grand Palais, galerie Sud-Est

3 Avenue du Général Eisenhower

75008 Paris

www.grandpalais.fr

Jusqu’au 17 juin 2012 : Tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 22h. Fermé le 1er mai (ouverture les mardis 17 et 24 avril)

Plein tarif : 11 euros

Tarif réduit : 8 euros
(13-25 ans, demandeur d’emploi, famille nombreuse)

Gratuit pour les moins de 13 ans bénéficiaires du RSA et du minimum vieillesse.