Hey Twitter, on fait un break ?

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Ah…Twitter, ses hashtags, son microcosme, ses tweets ciblés, ses haters, ses chocobisous dégoulinants d’amour et de cœurs.  Serait-ce le monde des bisounours ? Non, pas vraiment. Il y a quelques mois, j’ai écrit un billet élogieux sur le réseau social à l’oiseau bleu. Aujourd’hui, je crois qu’il est nécessaire d’y apporter des nuances.

Comme dans toute relation, au début, Twitter, c’est formidable : on se sent moins seul, on  apprend plein de trucs, on se fait de nouveaux amis (du moins, c’est ce qu’on pense…), on vit à nouveau « en groupe », comme quand on était ados, chacun vient avec un pote aux apéros et au final on est  15 autour de la table. On se sent fort, quand on est 15. On rit beaucoup, on boit beaucoup,  c’est convivial, c’est bon enfant.  Certes on ne peut pas vraiment communiquer puisqu’il y a trop de monde, on ne s’entend pas, on doit parler fort, on fait semblant de se comprendre, on ne capte que l’essentiel de ce qui se dit. Mais on s’en fout, au moins, on n’est plus seuls.  On a une vie sociale (du moins, c’est ce qu’on croit…).

On se retrouve rapidement à parler tous les jours à des dizaines de personnes différentes via le réseau social, qu’on retrouve régulièrement dans la « vraie vie ». Mais bien évidemment, comme dans tout groupe, il y a des personnalités qui se rapprochent et d’autres qui ne s’aiment pas du tout, des gentils, des méchants, des salopes, des gros naïfs et de vrais fils de putes (pardonnez-moi l’expression).

Twitter devient alors une sitcom un peu trash, un joyeux bordel mêlé d’envie, de jalousies, de secrets, de paranoïa et de mégalomanie. « Tu crois vraiment qu’ils couchent ensemble ? Elle est belle et il est moche, je comprends pas…. », « Ouais, il a 3 plans cul réguliers et sa meuf n’est pas au courant. Si, si, il a une meuf mais personne ne le sait… », « Il m’a montré la photo qu’elle lui a envoyé, je te jure qu’elle lui a envoyé une photo de sa chatte, hahahahha », « Je sais qu’elle a couché avec X, c’est Y qui me l’a dit, mais ne le répète pas sinon Z va être verte de rage », « Je ne veux plus parler à Bidule parce qu’il a été méchant avec ma copine Machine, tu vois ce que je veux dire ? », « Je sais que je suis mieux que lui, on n’est pas au même niveau, et il a que 300 followers alors que moi je suis influent », « Je sais pas pourquoi, je suis sûre qu’elle m’aime pas, ça se voit ! », « Tu crois que j’ai une chance avec ton pote ? Je suis son genre de meuf ? », « Elle est trop mal foutue, elle est moche avec ses grandes dents, je ne vois pas ce que tout le monde lui trouve ».

C’est incessant. Les remarques, les critiques, le bashing ciblé sur une personne qui change tous les mois, on a besoin de détester quelqu’un pour se sentir encore plus fort, à l’inverse, on portera un twitto aux nues puis il laissera sa place à un autre, encore « plus mieux ». Et puis il y a l’hypocrisie. La fille que tu trouves un peu conne tu es bien content de coucher avec elle, hein ? Et lui là-bas, tu étais bien contente qu’il t’aide à déménager, pourtant tu dis à tout le monde que son blog c’est de la merde et que tu fais semblant de trouver ça bien. Et toi qui fais semblant d’être ma pote dans l’espoir de coucher avec mon meilleur pote, et toi qui es méchant avec celle qui te défend toujours auprès des autres, et toi qui critique les filles qui couchent alors qu’on sait tous que t’as sucé la moitié de ta TL, et toi, et toi, et toi…

Et au final, on est plus seuls qu’au départ. Ce qui n’était pas le but escompté. Mais l’essentiel, c’est de le savoir. Que tout ça, ce n’est pas la vraie vie. Que ce n’est pas sérieux. Que la vraie vie, ça a quand même plus de saveur que de rester comme un connard devant son écran en pensant qu’on est aimé par des gens qu’on considère comme des amis alors qu’on les connait depuis 3 mois et demi . S’il faut croire en une dizaine d’amitiés pour n’en développer réellement que deux, ça vaut le coup, non ? Alors merci quand même, Twitter. Mais tu me fatigues !

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